salle_audience_tgi.jpgLa hausse est spectaculaire. Entre 2000 et 2012, le nombre de condamnations à des peines de prison ferme pour violences volontaires a augmenté de 62 %. Cela témoigne-t-il d’une explosion des violences en France ? Non, répond l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), dans une note publiée mercredi 16 décembre. L’Observatoire évoque une « évolution sociétale » : ces faits sont en fait « plus souvent reportés, et plus souvent réprimés ».
Une conclusion s’impose donc, à contre-courant de certains clichés : les magistrats sont de plus en plus sévères, et utilisent plus volontiers la prison ferme, y compris pour des violences légères. Ces résultats vont dans le sens des travaux de sociologues tels que Laurent Mucchielli (L’Invention de la violence, 2011, Fayard), notamment sur la moindre tolérance de la société face à la violence. Ni justice laxiste, ni explosion des violences : c’est tout un pan du débat politique français qui est balayé d’un coup.

Petit commentaire égotique : ça fait toujours plaisir quand on finit par se voir (un peu tard) donner raison. Peut-être que, du coup, je ne serai plus boycotté dans Le Monde ces prochains mois et années... (LM).