Demolition_anru.jpgN’est-ce pas toujours un peu la même histoire ? Un bout de ville, parfois très étendu, un quartier, une rue… devient l’objet de convoitises et d’inquiétudes de la part des hommes au pouvoir et des faiseurs d’argent. Les uns et les autres trouvent que ce précieux sol est bien mal employé : des ateliers bruyants, des voies étroites où l’air est prisonnier, des maisons d’un autre âge ou sans grâce. Une clientèle existe, prête à mettre le prix pour s’installer dans les belles demeures qui valoriseraient cet espace gâché. En attendant, on estime que les gens qui vivent là ne sont pas à leur place, surtout si le siège du pouvoir est à portée de fusil et qu’ils font peser sur lui une menace permanente. Tout un discours s’élabore qui fait de ces bas-fonds les hauts lieux du crime et de l’immoralité, le foyer des épidémies et l’épicentre des révoltes qui peuvent s’abattre à tout moment sur la ville. Bref, les experts sont formels : il faut détruire, ou, comme les publicistes de jadis aimaient à dire : « Vive la pioche du démolisseur ! »

Photo : anru.fr