Aporie.jpgL’audition conjointe de Bernard Bajolet et de Patrick Calvar s'est déroulée le 17 février devant la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Force est de constater que les patrons de la DGSE et de la DGSI, avec l’expression mesurée qui est la leur, n’ont pas manié la langue de bois. « Je suis convaincu, à titre personnel, que la réponse sécuritaire n'est que partielle et ne résoudra pas le phénomène », affirme Patrick Calvar.
Selon le patron du renseignement intérieur, les plus de 300 jeunes arrêtés par son service « n'ont aucun espoir, ils n’ont pas d'existence en tant qu'individu, ils ne sont "personne". Une fois qu'ils sont passés dans le monde de la barbarie, cela change, mais au départ, ce que nous entendons est bien un cri de désespoir ». « Si nous les interceptons, qu'allons-nous en faire ? Faut-il les maintenir en prison à vie ? Il y a là un problème psychiatrique. » Et le maître-espion de conclure : « C’est une question pour notre société. »

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