Le lendemain de ce fictif entretien l’artillerie lourde est lâchée. Sur l’immigration il s’agit de durcir les conditions d’ouverture des droits sociaux des étrangers réguliers sur le sol français. En début de campagne il s’agissait des soins médicaux ; il s’agit désormais de l’ensemble des droits.
Sur la délinquance des mineurs, verbatim : « Il est donc temps d'en finir avec un système qui ne fonctionne pas. C'est pourquoi je propose de fixer désormais la majorité pénale à 16 ans ».
Preuve s’il en est de l’influence de ce déjeuner, cette proposition ne figurait pas dans le programme du candidat (que nous avions commenté ici). Rappelons d’ailleurs que le même François Fillon avait publiquement désavoué en 2008 sa garde des sceaux Rachida Dati qui envisageait d’abaisser l’âge d’incarcération des mineurs.
Si la ficelle politique est grosse, qu’en est-il de sa faisabilité juridique ? Michel Huyette nous propose sur son site un parfait éclairage de l’habituelle confusion faite entre responsabilité pénale, réponse pénale et majorité pénale (à lire ici).