Radicalisation_def.jpgLa radicalisation fait désormais partie de ces « choses » dont tout le monde a quelque chose à dire. Les attentats, les départs en Syrie comme les formes ostensibles de certaines pratiques religieuses, passés au filtre du sens commun, produisent comme une évidence de la radicalisation : elle est, preuve en est. Après tout, cette antienne ordinaire ne fait que traduire le souci – ordinaire lui aussi – de donner sens, de répondre facilement à ce qui échappe à une compréhension immédiate. Par contre, ce qui est plus troublant à propos de la radicalisation est la superposition entre le sens commun, le champ scientifique et le monde politique pour ne pas dire médiatico-politique. Ces trois univers devraient pourtant se distinguer les uns des autres sur au moins deux niveaux : le temps et la rationalité. Or, ils se confondent. Enfermés dans un présent sans passé ni avenir, ils réagissent trop vite en pointant l’immédiatement saisissable du phénomène avec la ferme intention de l’éradiquer. Mais éradiquer quoi au juste ? De quoi parlons-nous exactement lorsque nous parlons de radicalisation ?

Illustration : eulogos.blogactiv.eu