C’est le cadeau empoisonné que François Hollande avait laissé à son successeur. L’état d’urgence, censé être une réponse temporaire à la sidération du pays au moment des attentats du 13 novembre 2015 (130 morts), a été renouvelé sans cesse depuis, dans une quasi-unanimité politique. Aucun responsable ne semblait prêt à en assumer la sortie, de peur d’être accusé, en cas de nouvel attentat, d’avoir baissé la garde. La surenchère sécuritaire semblait politiquement moins risquée face au choc du terrorisme.
A la demande d’Emmanuel Macron, la nouvelle majorité a voté, à peine élue, la sixième prorogation de ce régime d’exception qui permet à la France de s’extraire de certaines des obligations de la Convention européenne des droits de l’homme. Il devrait cette fois prendre fin le 1er novembre, soit presque deux ans après son entrée en vigueur.