Generation_sacrifiee.jpgQue reste-t-il au monde ouvrier quand le lieu de ses souffrances, mais aussi de son identité, disparaît ? C’est à cette question brutale que s’attèle l’ouvrage interdisciplinaire dirigé par Stéphane Beaud et Gérard Mauger. Celui-ci s’appuie, comme rappelé par les deux auteurs (p. 7), sur un paradoxe des sciences sociales françaises. D’une part, il y apparaît un regain d’intérêt, notamment en sociologie, pour le monde du travail. D’autre part, la notion même de « monde ouvrier », ensemble doté d’une certaine cohérence, notamment symbolique, est progressivement évacuée par le pluriel des « classes populaires ». Les deux auteurs se concentrent sur les couches les plus jeunes de ce monde ouvrier en crise.