Deliberee_2017_2.jpgUn vent commun, sinon mauvais, souffle depuis une trentaine d’années sur les pays occidentaux : celui du durcissement de leurs justices pénales. La croissance de la population carcérale en France et la surpopulation des établissements pénitentiaires qui en découle sont connues. Le phénomène est encore plus spectaculaire dans d'autres pays : États-Unis, Angleterre, Irlande. Pourtant, la population carcérale a légèrement baissé en Allemagne, diminué en Scandinavie et littéralement fondu en Finlande. Pour expliquer ces différences, on invoque l’environnement politique, les corrélations avec des facteurs externes structurels tels que la situation sur le marché de l’emploi ou la structure démographique du pays, ou encore les effets de changements organisationnels de l’institution judiciaire. Moins évoquée, ou alors seulement sur un mode spéculatif (« les gens en ont marre ») est la punitivité, c’est-à-dire l’ensemble des représentations et attitudes collectives par lesquelles les populations conçoivent la peine, aspirent à plus ou à moins de sévérité, jugent les délits et les crimes.