Bien que la sociologie se soit emparée de la question de la norme sociale de l’évitement fiscal depuis maintenant plusieurs années, le champ des professionnels de l’optimisation fiscale reste largement inexploré. Se démarquant d’une analyse par les illégalismes qui rassemble les pratiques légales parfois transgressives et les pratiques illégales sous un même concept, cet article tente d’expliquer séparément les normes de l’optimisation et de la fraude fiscales chez les spécialistes des grandes entreprises, des banques et des cabinets de conseils. L’auteur s’appuie sur vingt-sept entretiens qualitatifs dans quatre pays différents. Il compare ses résultats à un échantillon de vingt-deux contribuables non-spécialistes pour replacer son analyse au cœur des recherches déjà menées par les sociologues de l’impôt.