La_ruee_vers_l__Europe.jpgÀ la sortie de chacun de ses livres, Stephen Smith reçoit les louanges de personnalités politiques et de la grande majorité de la profession journalistique française… avant de s’attirer les foudres du monde académique. Il y a quelques années, dans Négrologie, pourquoi l’Afrique meurt (Paris, Calmann-Lévy, 2002), il écrivait par exemple que l’Afrique est le « paradis de la cruauté » (p. 119) où les gens « se ‘bouffent’ entre eux » (p. 24) ; que les « Africains » refusent « d’entrer dans la modernité autrement qu’en passagers clandestins ou en consommateurs vivant aux crochets du reste du monde » (p. 230) ; ou encore que « si six millions d’Israéliens pouvaient, par un échange standard démographique, prendre la place des Tchadiens, à peine plus nombreux, le Tibesti fleurirait » (p. 49). Des propos absurdes, violents et racistes qui furent néanmoins loués par la presse, et qui valurent à l’auteur le Prix France Télévision du meilleur essai en 2004. Tandis que, avec un écho moindre, de nombreux universitaires s’indignaient.