Cette étude sur la gouvernance de la sécurité publique en Île-de-France cherche à décrypter un système multiscalaire en mutation. À partir d’une enquête qualitative, elle interroge la contribution des différentes strates politico-administratives sur fond de réformes territoriales et pose la question du « qui fait quoi ? » dans un contexte qui favorise à plusieurs titres le renforcement des pouvoirs locaux. À l’évocation du dispositif français de sécurité intérieure, c’est pourtant la prépondérance de l’État qui ressort immanquablement des analyses comparées. S’agissant plus précisément de la région-capitale, cet aspect s’illustre à travers la position dominante de la préfecture de police de Paris. En matière d’ordre public, cette institution bicentenaire au statut singulier tient le premier rôle, ayant même renforcé son aire d’influence ces dernières années dans une logique d’extension métropolitaine de son périmètre d’intervention. Ce rôle n’est cependant pas exclusif puisque la participation d’autres acteurs est encouragée, laissant une place croissante aux autorités locales dans la coproduction de sécurité.