Gilet_jaune.pngLa mobilisation des gilets jaunes a fait l’objet ces derniers jours d’une couverture médiatique exceptionnelle. Alors que les journalistes étaient à l’affut du moindre débordement, quelques figures médiatiques récurrentes se sont succédé sur les plateaux de télévision et de radio pour apporter des éléments d’analyse et d’interprétation du mouvement. Naturellement, chacun y a vu une validation de sa propre théorie sur l’état de la société française. Certains termes ont fait florès, comme jacquerie lancé par Éric Zemmour, puis repris par une partie de la presse régionale. De son côté, Le Figaro prenait la défense de ces nouveaux ploucs-émissaires, tandis que Christophe Guilluy se réjouissait presque de la fronde de « sa » France périphérique et Nicolas Baverez dissertait sur la revanche des citoyens de base.
Au-delà de leur violence symbolique et de leur condescendance, ces propos répétés ad nauseam urbi et orbi disent sans aucun doute moins de choses sur les gilets jaunes que sur les représentations sociales et spatiales de leurs auteurs.