Gilets_Jaunes_justice_sociale.jpgAu départ, beaucoup craignaient le pire. Pensez donc : un mouve­ment qui naît hors syndicats et partis politiques, qui proteste contre une hausse des taxes sur l’essence, et d’où surgissent parfois des saillies sur les immigrés ou les « assistés ». Pourtant, après les premières journées de mobilisation, il a bien fallu se rendre à l’évidence : les gilets jaunes étaient l’un des mouvements sociaux les plus importants de ces dernières années – et sans conteste le plus improbable. Il a en effet maintenu mobilisées pendant plus d’un mois des catégories sociales parmi les plus éloignées du jeu politique traditionnel. Des femmes et des hommes souvent situés entre le haut des classes populaires et le bas des classes moyennes, venus remettre frontalement en question les dynamiques inégalitaires qui, depuis plusieurs années, travaillent la société française.