Le 25 février, Nicole Belloubet a lancé officiellement la concertation pour élaborer la énième réforme de la justice des mineurs, en se voulant rassurante : « Il va de soi qu’il n’est pas question de lancer une réforme si je n’ai pas les moyens de l’accompagner ». Concrètement, rien n’est pourtant prévu en plus de la loi de programmation 2018-2022, qui vient d’être votée par le Parlement. Cette loi consacre une hausse de 24% des crédits de la justice sur le quinquennat. Un effort censé permettre la construction de 7 000 places de prison, le recrutement de surveillants pénitentiaires en proportion, l’investissement pour la numérisation de la justice et le comblement des vacances de postes de magistrat. Mais la PJJ échappe à une telle manne... Elle bénéficie royalement de 17 emplois supplémentaires dans son budget pour 2019. La seule nouveauté est la création de 20 centres éducatifs fermés (CEF). Le principal effort budgétaire en faveur de cette justice des mineurs porte donc sur son volet le plus répressif, les CEF, dernier stade avant l’incarcération, dans l’échelle des mesures à la disposition des juges des enfants.