La justice est censée être rendue publiquement, mais qui sait, au fond, comment se déroule une audience avec un juge pour enfants, un juge des tutelles, une comparution immédiate ?
Il y a deux ans, j’avais obtenu une autorisation exceptionnelle dans le cadre d’un travail pour France Culture. Mais l’attitude de magistrats lors d’une audience du tribunal correctionnel de Marseille avait suscité un tel tollé, que la présidente du tribunal et le procureur de la République de Marseille avaient rompu la convention. Les diffusions avaient été interrompues. Pour une fois que la justice acceptait de se regarder dans un miroir, elle choisissait immédiatement de le briser, ne supportant pas l’image renvoyée.
Mediapart a fait valoir qu’il était impossible de rester sur cet échec si révélateur. Depuis mai 2017, nous n’avons donc pas cessé de relancer le ministère, les juridictions et les magistrats afin d’obtenir de nouvelles autorisations. Non sans peine, nous avons fini par les obtenir. Elles ont permis une immersion, sans commentaire, au sein du tribunal d’instance de Pontoise et du tribunal de grande instance de Nanterre. Nous n’avons pas choisi de suivre tel ou tel magistrat. Ils nous ont été proposés par les juridictions, et toutes nos demandes n’ont pu être satisfaites. Il n’empêche : il est exceptionnel de découvrir la justice telle qu’elle est rendue. À nu.