Cette étude présente un tableau complet de la mortalité des personnes placées sous écrou en France. Sept décès sur dix sont des morts violentes, principalement des suicides et des surdoses ou intoxications médicamenteuses. L’analyse confirme la surmortalité par suicide des hommes sous écrou par rapport à la population générale, ainsi qu’une surmortalité due à d’autres causes violentes. L’octroi de suspension de peine pour raison médicale explique sans doute en partie ce résultat. À groupe d’âges donné, les auteurs d’infractions graves présentent un risque plus élevé de décéder, aussi bien de cause violente que de cause naturelle, que les auteurs de délits. Le risque d’une mort violente est aussi plus grand chez les prévenus que chez les condamnés. La description des circonstances des décès plaide en faveur de l’amélioration des dispositifs d’alerte et de prise en charge des incidents de santé, notamment la nuit.