chirac-rouen2_0.jpg« À 15 kilomètres de Rouen, l’air est irrespirable. Il tombe une pluie aux dépôts noirâtres. On se sent complètement abandonnés. » Sur mon écran, les messages de ce type se multiplient, accompagnés d’effrayantes photos des effets de la pluie d’hydrocarbures. Le drame s’est produit à 11h58, comme l’indique fièrement Louis Laforge, présentateur de Franceinfo, dans un tweet : « Quand, en direct à 11h58, en pleine édition spéciale sur l’incendie de l’usine Lubrizol, on me glisse dans l’oreille “Chirac”… une autre journée commence ! » Une autre journée commence pour les télés. La journée de centaines de milliers de personnes touchées par les retombées de l’incendie, elle, se poursuit, mais plus personne ne s’en soucie. À l’antenne, le présentateur subodore : « On va peut-être parler un peu moins de l’incendie. » En réalité, on ne va plus en parler du tout. Pendant des heures, les chaînes d’info ne consacrent plus un mot, plus une image, même pas un bandeau à une catastrophe écologique majeure.