Les « terroristes acteurs solitaires » (lone actor terrorists) sont devenus le cauchemar des services de renseignements.
Nos travaux sur le terrorisme nous ont amenés à reconsidérer la question du « loup solitaire » auquel nous préférons le terme « terroriste acteur solitaire » (TAS). C’est à travers le profil psychologique de ces individus que nous avons cherché à comprendre leur passage à l’acte. Car sous leur carapace idéologique, très logiquement exprimée, qui peut aveugler les interlocuteurs (experts, enquêteurs ou chercheurs), les acteurs solitaires ont des troubles psychiques importants, apparus plus ou moins tôt et parfois mal diagnostiqués.
L’expression « loup solitaire » remonte à une stratégie d’abord prônée par des suprémacistes blancs américains Alex Curtis et Tom Metzger et fut ensuite largement encouragée par des groupes terroristes comme Al Qaïda et Daech. Si la notion est devenue un véritable « buzz politico-médiatique » depuis l’attentat commis par Mohammed Merah en 2012, elle a été cependant assez mal interprétée ou comprise en France. Comme le soulignait récemment le chercheur Nicolas Lebourg, ces individus ne sont pas complètement détachés de tout contact avec une organisation terroriste ou un environnement radical.

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