Couv_Deviance_et_societe_2019_4.jpgLa question des désastres sanitaires provoqués par les activités économiques connaît une publicisation croissante depuis les années 1970, en liaison avec le surgissement de l’écologie comme nouveau courant philosophique et politique dans les pays occidentaux. Les accidents majeurs et autres « catastrophes » qui surviennent régulièrement (de Santa Barbara en 1969 à Fukushima en 2011 en passant par Bhopal en 1984, pour ne prendre que trois exemples parmi les plus connus) ont amené les États ainsi que les organismes supranationaux tels que l’Union européenne à multiplier les législations, les organismes de contrôle et les outils de mesure. Cet ensemble de préoccupations intellectuelles et de mobilisations institutionnelles a rapidement dynamisé la recherche scientifique, en particulier dans le domaine biomédical et la climatologie, sans compter le regain de disaster studies à l’origine plus ancienne. De leur côté, les juristes n’ont pas tardé à se saisir également d’un nouvel univers de normes nationales et internationales en constante évolution. L’arrivée des sciences sociales dans ce champ est un peu plus tardive, du moins en Europe car, aux États-Unis, une sociologie de l’environnement se constitue comme sous-domaine de la discipline dès la fin des années 1970, appuyant parfois la critique du capitalisme.