Dans L’étrange défaite, Marc Bloch livre son analyse sur le vif des raisons de la débâcle qui aboutit à l’invasion allemande et à la perte des libertés sur le territoire français. La première était l’impréparation de l’armée, l’impréparation des officiers.
Que dire de l’hôpital public aujourd’hui, qui est cette armée envoyée au front ? C’est un hôpital désorganisé par des réformes successives, des budgets rabotés, en manque cruel de moyens, de lits, de personnel. Ce mois de mars 2020 est aussi le 1er anniversaire d’un mouvement de contestation, de plainte, de colère, qui avait débuté au service des urgences de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, le 18 mars 2019. Résultat de 30 ans de stratégie erronée de notre « État-major » politique, un système de santé en totale déconnection de la guerre qui surgit : alors que la population fragile a augmenté avec le vieillissement de la population, que la fréquentation des urgences a plus que doublé en 20 ans, le nombre de lits a diminué et passait sous la barre des 400 000 lits en 2017, public et privé confondus, soit 100 000 lits de perdus en vingt ans.