En cette année 2020, un tout petit parasite a trouvé un créneau et s’est autorisé à se répandre à la surface du globe. Il a beaucoup perturbé l’espèce humaine qui régnait en maître sur la planète, ou qui pensait le faire. Ce qui surprend le plus certains observateurs, davantage que les dégâts que ce virus provoque dans les poumons, les vaisseaux sanguins et parfois le système nerveux de ceux qu’il infecte, ce sont les ravages qu’il est capable d’infliger à bon nombre de ceux chez qui il n’a pas pénétré. Chez ceux-là, il a un effet dévastateur à distance sur leur centre du bon sens, que les neuro-anatomistes n’ont pas encore bien localisé. L’altération de cet organe entraîne une pathologie complexe du bon sens, la bonsensite, qui se caractérise par une inaptitude soudaine à se plier aux règles de la statistique et à la compréhension de principes physiques, biologiques et microbiologiques de base, mais elle se manifeste également par une perte de la faculté de percevoir les contradictions, les incohérences, les aberrations et les propositions irréalistes dans l’élaboration des principes de gestion d’une pandémie. Les risques liés à cette pathologie pourraient entraîner des conséquences bien plus graves que la pandémie elle-même.