Une étude publiée par trois chercheurs le 23 avril sur le site internet de l’École des Hautes Études de la Santé Publique (EHESP) affirmait que le confinement avait « sauvé au moins 60 000 vies » (61 739 précisément !). Dans les jours suivants, cette étude était relatée par la quasi-totalité des médias nationaux comme régionaux. Le lendemain même, le ministre de la Santé, Olivier Véran, reprenait à son compte les résultats de cette étude. Enfin, le 28 avril, annonçant la fin du confinement à l’Assemblée Nationale, c’est le Premier ministre Édouard Philippe qui s’en prévalait à son tour. Toutefois, à notre connaissance, outre l'Humanité qui reprit le texte, et à l’exception des Échos, aucun des mêmes grands médias n’a consacré d’article au démenti publié par trois autres chercheurs une dizaine de jours plus tard dans le Journal International de Médecine.
Enfin, on attend encore les premières évaluations globales des vies non pas sauvées mais au contraire mises en danger par le confinement : impacts sur la santé physique et mentale, suicides et consommations de psychotropes, suspension du traitement des autres maladies, chômage, fermetures d'entreprises et de commerces, décrochage scolaire, creusement des inégalité à tous points de vue, retard considérable dans le fonctionnement de la justice, etcétéra.