Alors que le Parlement doit prochainement discuter du projet de loi sur le séparatisme, un dessein élyséen relancé après l’attentat terroriste qui a coûté en octobre dernier la vie à l’enseignant Samuel Paty, il est regrettable que l’environnement sociopolitique dans lequel se déploie cette initiative présidentielle souffre d’une absence de rigueur dans les analyses de ce fait social qu’est la réalité de l’islamisme dans l’espace public français. En effet, toute voix qui exprime un point de vue nuancé, c’est-à-dire fondé sur des faits et depuis une analyse du terrain, est devenue inaudible, car sujette à l’accusation, d’autant plus tétanisante qu’elle nuit au débat d’idées nécessaire à toute vie démocratique, « d’islamo-gauchisme ». Une notion volontairement floue, mais apparemment suffisante, en ces temps où la conviction prime sur l’expertise, pour intenter un procès en déloyauté aux personnes visées.