Le procès de l’affaire Bygmalion s’ouvre en première instance le 17 mars, et va s’étaler sur plusieurs jours. Les faits qui sont reprochés nous ramènent à un triste constat : en France, au cours des trois dernières décennies, trois des cinq élections présidentielles (1995, 2007 et 2012) sont entachées de très graves soupçons d’irrégularités, à quoi s’ajoutent des polémiques de plus faible intensité concernant les comptes de 2017. Indéniablement, les élections présidentielles sont un maillon faible de la probité politique dans notre pays.
L’affaire Bygmalion est venue exposer deux grandes failles de notre dispositif. D’abord, les comptes des partis ne sont pas aussi surveillés que les comptes de campagne, alors même que les partis financent en grande partie les campagnes. Au nom d’une lecture très extensive de l’article 4 de la Constitution sur la liberté d’organisation des partis, leurs comptes sont insuffisamment contrôlés et peu transparents.