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mardi, octobre 5 2010

La fortune du mot « ghetto » : ethnicisation et sentiment d’impuissance

Image_livre_Bronner.jpg Nota bene : un hasard somme toute heureux fait que notre analyse du livre de Luc Bronner, journaliste au Monde, est publiée par la revue Sociologie au moment où se déroule une petite polémique autour du livre de H. Lagrange, lancée par un article du même journaliste.

L. Bronner a accumulé de très nombreux contacts, observations et entretiens avec des élus, des policiers, des habitants, des responsables associatifs et des sociologues. Il a également lu beaucoup de travaux des sociologues (en particulier l’ouvrage important de Didier Lapeyronnie). Dans ce livre, il déclare vouloir « Décrire, montrer, témoigner de la ghettoïsation de certains quartiers. En comprendre les ressorts, les causes et les conséquences. Raconter, ne rien masquer ». Terrain, réalisme et refus du politiquement correct sont les composantes du credo sincère de l’auteur. Nous en décrirons le contenu avant d’en approfondir l’analyse critique car, malgré ses évidentes qualités d’observation et d’analyse, ce livre n’échappe pas à certains travers du regard des journalistes sur la banlieue et aux limites d’une vision « ethnicisée » des problèmes aujourd’hui très partagée parmi les élites françaises.

jeudi, mars 1 2007

Les émeutes de novembre 2005

Image_livre_emeutes_2005.gif En novembre 2005, une émeute d’une ampleur sans précédent dans l’histoire contemporaine de la France a été gérée politiquement de façon désastreuse : le « retour au calme » est aussi un retour à toutes les difficultés de la vie ordinaire pour les habitants des quartiers populaires. C’est pourquoi des sociologues de terrain ont voulu montrer qu’il est possible et indispensable d’analyser ces événements et ce qu’ils révèlent de l’état de la société française.
Le livre montre notamment le rôle joué par Nicolas Sarkozy, pompier pyromane, dans le développement de l’émeute. Il révèle aussi que la première personnalité politique à demander la mise en place de l’état d’urgence fut… Marine Le Pen. Contre les idées reçues, et notamment celle que ces émeutes furent le fait de jeunes instrumentalisés par des « caïds », des « barbus » ou des rappeurs, les auteurs montrent enfin que nombre d’habitants des quartiers ont témoigné d’une forme de solidarité avec les jeunes émeutiers.
Au-delà de l’événement, le livre soulève un certain nombre de questions essentielles : pourquoi l’école n’est plus perçue par une partie de la population comme un lieu de promotion sociale mais comme un lieu d’échecs et d’humiliations ? Quelle est la situation sociale et économique réelle des habitants des quartiers, en particulier les jeunes ? Pourquoi la façon dont la police remplit ses missions dans les quartiers « sensibles » est-elle devenue un problème plus qu’une solution ?