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mercredi, septembre 23 2015

Le business de la peur : un documentaire salutaire

business_de_la_peur.jpgLa chaîne France 2 a diffusé lundi soir dernier (21 septembre), à 11h du soir et jusqu'à minuit et demi, un numéro du magasine Cash Investigation consacré au « Business de la peur ».
Cette enquête a été réalisée notamment par deux journalistes indépendants, Jean-Marc Manach et Jean-Pierre Canet. L'émission se présente ainsi : « La menace terroriste est devenue une réalité qui inquiète de nombreux Français. Ce climat de peur fait les affaires du secteur de la sécurité, qui pèse aujourd'hui dix milliards d'euros. Cash investigation révèle les dessous de ce business qui a le vent en poupe. Certains industriels sont par exemple prêts à manipuler les statistiques pour faire gonfler leur bénéfices. L'enquête présentée par Elise Lucet montre également les failles de la biométrie, présentée comme la solution miracle. Gros plan également sur les caméras de surveillance, qui ont envahi le paysage urbain. Plus de 40 000 objectifs surveillent les villes de France et, depuis peu, les petites communes rurales. Mais ces caméras sont-elles vraiment efficace ? »
Ce ton étonne à la télévision. L'on est tellement habitué à ces publireportages sur la sécurité.

vendredi, février 27 2015

La pernicieuse utilisation politique des préoccupations de sécurité

on_m__aurait_menti.jpgPourtant tout avait si bien commencé après l’élection présidentielle de 2012. Un nouveau sémillant Ministre de l’intérieur prenait place avec pour projet « la fermeté », sans doute pour refouler le vieux complexe de la gauche en matière de gestion des problèmes de sécurité. Pour ce faire, peu de changement à la tête des Institutions Police et Gendarmerie sauf pour les fonctionnaires les plus zélés comme le préfet de police et le directeur général de la police qui, depuis, ont d’ailleurs confirmé leur attachement plus politique que technique à la sécurité. De plus, ceci peut expliquer cela, un célébrissime criminologue de plateau télé réputé proche du Ministre tout en ayant été le conseiller de l’ombre en matière de sécurité du précédent quinquennat, était toujours très présent.

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lundi, novembre 3 2014

Chaos international et sécurité globale : le catastrophisme en question

livre_berthelet.jpgNous traversons une période dangereuse dit-on. Les conflits augmentent, la grande criminalité prospère, les violences se multiplient et la petite délinquance explose. Affaibli, l'État n'arrive plus à protéger la société contre la montée des nouveaux périls: immigration incontrôlée, finance noyautée par les organismes mafieux, cybercriminalité, menaces invisibles, hybrides et transnationalisées... Le monde est décrit comme un "vaste désordre" caractérisé par l'accroissement des massacres ethniques, l'émergence de banlieues comme des territoires de non-droit, le développement d'un "terrorisme apocalyptique" et la propagation inexorable de "zones grises". Un conflit des cultures et des religions s'annonce au moment où l'Occident est en proie à une crise de valeurs. Mais que penser de ce discours sur le chaos international et sur le désordre planétaire ? Quelles conclusions tirer et comment comprendre la sécurité globale comme réponse au danger ? Au fond, nos sociétés sont-elles si menacées que cela ? Courent-elles réellement à leur perte ? Finalement, qui a intérêt à diffuser ce genre d'idées catastrophistes ? Qui s'emploie à propager cette rhétorique sécuritaire ?

lundi, mai 26 2014

Master de criminologie au CNAM : le CNESER défavorable à l'unanimité

cnam.jpgLe CNESER (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche) a voté le 20 mai à l’unanimité contre la création d’un master de criminologie au CNAM (Conservatoire national des arts et métiers). Le CNESER demande à la DGESIP (Direction générale pour l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle) de retirer son avis favorable pour l’habilitation de ce master.
Le CNESER du 20 mai examinait les demandes d’habilitations de diplômes. 
Parmi les diplômes examinés figurait le Master mention criminologie demandé par le CNAM. La direction du CNAM explique sa demande par le fait que tout compte fait ses instances auraient validé cette demande interne.
L'analyse de la DGESIP est assez claire et sévère sur le fond "pas de stage", "pas de centre de recherche en appui pour l'instant" mais conduit malgré tout à un avis « favorable ». Nul autre cas n'aurait probablement conduit à une telle discordance entre le travail d'analyse et l'avis final.
Le ministère s’est fait le relais d’une demande du CNAM qui s’est fait le relais d’un projet d’un professeur bien en cour à partir d’arguments largement erronés. En fait, les instances du CNAM n’ont pas exactement validé ce master.

jeudi, janvier 23 2014

Criminologie et lobby sécuritaire : une controverse française

criminologie_et_lobby_securitaire.jpgL’existence de la « criminologie » comme discipline universitaire fait l’objet d’une intense controverse en France depuis le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Qui sont les protagonistes de cette querelle ? Quelles conceptions de la science s’affrontent dans cette dispute ? Où et comment doit-on former les professionnels de la prévention, de la sécurité et de la justice ? Quelles recherches et quelles productions statistiques sur la délinquance faut-il encourager ? Les politiques pénales peuvent-elles échapper à la surenchère sécuritaire ? De quelle expertise doivent disposer les pouvoirs publics au niveau national comme au niveau local ?
Laurent Mucchielli est l’un des principaux acteurs de cette controverse. Dans cet ouvrage, il propose d’abord une mise en perspective historique des débats sur la criminologie, qui remontent à la fin du 19ème siècle. Ensuite, il se positionne dans les affrontements actuels. Enfin, il montre qu’au cœur de cette affaire, se déploie l’offensive d’un lobby néoconservateur qui, derrière le paravent de la Science, tente de légitimer sa vision du monde ultra-sécuritaire tout en réalisant de bonnes affaires.

samedi, mars 23 2013

Le CNAM, une loge de choix pour la criminologie d'Alain Bauer ?

Photo_CNAM_wikipedia.jpgAlors qu’il existe une seule unité d’enseignement de criminologie au CNAM qui a reçu 17 inscrits en 2011-2012 et 16 inscrits en 2012-2013, la direction du CNAM propose de créer quatre postes de criminologie pour la rentrée 2014. On peut en effet lire dans les propositions de renouvellement et de création de postes d’enseignants-chercheurs de l’École Management et société (MS) du CNAM, les demandes de création d’un poste de professeur de Finances criminelles, au sein du département économie finances assurance banque (EFAB), et d’un poste de maître de conférences en sciences criminelles au sein du département DISST. Parmi les propositions de l’École des sciences industrielles et technologies de l’information ( SITI) du CNAM, il est également prévu de créer deux postes : un Professeur spécialisé en Cyber criminalité dans le département Informatique, et un professeur en criminalistique dans le département d’ingéniérie mathématique (Imath).
Rien ne justifie ces propositions : ni la procédure d’instruction, ni les priorités pédagogiques et scientifiques du CNAM, ni une soi-disant « demande ministérielle ». Depuis les tentatives d’imposer au CNAM un pôle national de criminologie, avec l’appui du président Sarkozy, c’est toujours la même démarche : instrumentaliser le CNAM pour développer une orientation et un courant en matière de criminologie en dehors de toute confrontation avec le monde académique, sans concertation avec les enseignants-chercheurs du Conservatoire, leurs équipes pédagogiques et de recherche. Le CNAM mérite mieux que de servir de refuge à de telles manœuvres.

mercredi, avril 13 2011

Criminologie en France (suite) : deux nouvelles condamnations

Photo_draggin_flickr.jpgSuite des épisodes précédents à consulter ici et ici. Deux nouvelles condamnations des entreprises politiques de MM. Bauer et Villerbu ont été rendues publiques.
D'abord, dans un communiqué du 24 mars, la rédaction de la revue Champ pénal. Nouvelle revue internationale de criminologie exprimait sa « plus vive inquiétude à la lecture de la lettre d'intention diffusée par le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche et signée par MM. Vallar et Villerbu, dernière étape en date d'un processus visant à créer, contre l'opposition de l'immense majorité de la communauté universitaire, une section criminologie étendue à la diplomatie, la polémologie et la stratégie dans les universités françaises ». Le communiqué dénonce « un savoir de gouvernement inféodé à des présupposés doctrinaux au mieux fortement contestables, au pire tout à fait dangereux », précise que « l'aboutissement de ce projet aurait pour effet d'étouffer l'interdisciplinarité sous couvert de la renforcer, autant qu'il refermerait drastiquement l'espace de la réflexion dans les domaines concernés. Il s'agit en effet de favoriser un savoir étroitement utilitaire (quand il n'est pas directement intéressé), préjudiciable à l'indépendance intellectuelle et à la distance critique ».
Ensuite, dans un communiqué du 12 avril, l’Association Française de Science Politique déclare qu'elle « s'oppose au projet lancé par le Ministère de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur relatif à la création d’une nouvelle section du Conseil National des Universités (CNU) consacrée à la criminologie. (...) l’Association appelle surtout l’attention de ses membres sur les risques d’une instrumentalisation politique nocive des savoirs liés au champ des politiques pénales et de la criminologie, mais aussi des relations internationales. L’interdisciplinarité qui constitue aujourd’hui la caractéristique de ce champ scientifique, au croisement du Droit, de la Sociologie, de l’Histoire et de la Science politique et des Sciences médicales et cliniques, en fait un espace de dialogue fructueux à condition qu'il soit mené entre disciplines solidement constituées. Le projet actuel du ministère menace de condamner cette interdisciplinarité à la stérilité scientifique, perspective que l'AFSP ne peut que condamner fermement ».

Illustration : draggin - flickr - licence cc

mardi, mars 15 2011

Criminologie en France (suite) : pour un moratoire total sur les projets actuels

Photo_stop_par_Katerha_sur_flickr.jpg L'Association Française de Criminologie (AFC) - présidée par Alain Blanc (magistrat, président de chambre à la Cour d'appel de Douai) - vient de publier un communiqué dans lequel elle se désolidarise des entreprises du réseau d'Alain Bauer, auquel s'est rallié Loïck Villerbu (professeur de "psychologie et psycho-criminologie" à l'Université de Rennes 2). Le communiqué rappelle que l'AFC s'était inscrite dans une démarche de réflexion en faveur du développement de la criminologie. Mais il indique que l'association n'entend plus cautionner les entreprises du réseau Bauer.

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mercredi, mars 2 2011

La « criminologie » en France et ses arrières-plans idéologiques (suite)

Photo_crime_par_swanksalot_sur_flickr.jpgLe site Internet du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche nous apprend le 25 février que : « Valérie Pécresse souhaite ouvrir le débat sur les études, les recherches et les formations en criminologie à l'ensemble de la communauté universitaire. Après avoir reçu le rapport du professeur Villerbu "Sur la faisabilité, la mise en place et le développement des études, recherches et formations en criminologie" en juin 2010, la ministre a demandé à Christian Vallar, doyen de la Faculté de Droit de l'Université de Nice de piloter le comité de suivi pour la mise en oeuvre du rapport Villerbu. Christian Vallar présente un rapport d'étape qu'il propose, avec Loic Villerbu, de soumettre au regard et à l'avis de la communauté scientifique ».
Ce projet de création d'une nouvelle section du CNU suscite depuis son origine une intense polémique dans le monde universitaire et scientifique, polémique aujourd'hui relancée pour plusieurs raisons.

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