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samedi, septembre 27 2014

La prévention spécialisée invitée à participer davantage aux CLSPD

logo_CLNAPS.png"Dans le cadre de la nouvelle stratégie nationale de prévention de la délinquance, la priorité étant donnée à des approches de suivi individualisé en direction des jeunes les plus exposés à la délinquance, il apparaît utile et pertinent de s’appuyer sur les équipes de prévention spécialisée", estime le Secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance (SG-CIPD).
Le CNLAPS a participé activement au groupe de travail interministériel qui a rédigé ce document et s'en félicite. Néanmoins il recommande d’être particulièrement vigilant aux changements en cours et à la mise en œuvre de la charte : en effet ces groupes du CLSPD « pourront solliciter un travailleur social pour mener une action et pourront aspirer à un droit de regard » : ceci est un changement car des instances n’ont pas pour objet central l’action sociale. Le secret professionnel reste la règle et la condition d’exercice auprès des jeunes en rupture ; de même que l’intérêt supérieur de l’enfant reste le cœur de l'intervention en protection de l’enfance.

vendredi, juillet 25 2014

Le diagnostic local de sécurité : enquête de victimation et travail de terrain

aubagne.jpgDeux villes formant une intercommunalité ont demandé à l’Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux (ORDCS) de réaliser un diagnostic local de sécurité, en garantissant aux chercheurs les deux conditions d’indépendance totale et de durée d’enquête longue sans lesquelles il n’y a pas de travail à caractère scientifique possible.
Ce diagnostic a consisté d’abord dans la réalisation d’une enquête locale sur la victimation et le sentiment d’insécurité, d’autre part dans un travail de terrain. Enfin, nous avons bien entendu recueilli les données quantitatives et les analyses qualitatives de la police nationale. Mais cette dernière partie, qui constitue l'essentiel des diagnostics que fournissent les cabinets privés (à coups de jolis « camemberts » en couleur remplissant parfois des pages entières), ne sera pour nous qu'un élément parmi d’autres, intégrés à la partie sur l’enquête de terrain. Les institutions pénales (police et justice) ont en effet de grandes difficultés à saisir ce qui est l'essentiel des problèmes et/ou des peurs des habitants, à savoir non pas la moyenne ou la grande délinquance mais au contraire la plus petite, ce que l'on appelle généralement les « incivilités » . C'est pourquoi un diagnostic digne de ce nom ne devrait jamais se contenter (ni même consacrer l'essentiel de son énergie) des données statistiques produites par les institutions pénales.

Photo : agglo-paysdaubagne.com

lundi, octobre 25 2010

Les responsables locaux fustigent le plan national de prévention de la délinquance

Image_gratuite.jpg Un an après son lancement, en grandes pompes, par le gouvernement, le plan national de prévention de la délinquance et d’aides aux victimes affiche un bilan plus que mitigé. C’est un véritable camouflet qui remonte du terrain par le biais d'une enquête du Conseil national des villes (CNV) réalisée cet été auprès des coordonnateurs du partenariat local de sécurité.
77,3% des coordonnateurs estiment que la gouvernance locale, censée être recentrée sur le maire, n’a pas changé. Pire, ils évoquent « l’impression d’un retour en arrière, d’une perte de sens ». « S’il y a toujours eu des orientations et des priorités nationales – qu’ils ne contestent pas, soulignent les auteurs, leur déclinaison locale s’est en général faite dans la coproduction du fait de la primauté à la réalité de terrain incarnée par le maire et le contexte territorial ». Or, constatent-ils, « depuis les derniers plans, le préfet demanderait au maire de devenir un supplétif de l’Etat afin de permettre la réussite des actions nationales ». Et de déplorer entre autres la « confusion » née du remplacement des contrats locaux de sécurité, par des « stratégies territoriales » qui viseraient surtout « à ce que les plans des villes reprennent les orientations nationales ».
S’agissant des financements, 60,3% des « coordonateurs » interrogés soulignent une baisse ou une diminution de l’enveloppe, qu’il s’agisse du fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) ou des crédits issus du contrat urbain de cohésion sociale. En outre, « la prédominance de la vidéosurveillance, qui a pu atteindre 80% voire 85% des financements FIPD sur un département, réduit d’autant les moyens humains », déplorent-ils.

mardi, juillet 27 2010

Pourquoi les partenariats locaux ne marchent pas bien (ou le double discours de l'Etat)

Le ministre de l'Intérieur a adressé une circulaire aux préfets le 22 juillet 2010 leur demandant de surveiller les dispositifs de prévention de la délinquance mis en œuvre par les maires (des communes de plus de 10 000 habitants), conformément à la loi du 5 mars 2007. Or, quelques jours auparavant, le Président de la République avait de son côté convoqué les préfets pour leur demander de s'impliquer dans la lutte contre la délinquance "24h sur 24, 7 jours sur 7", ajoutant même : "je veux vous voir la nuit dehors avec les troupes, avec les gendarmes, avec les policiers, et puis régulièrement !". Ceci nous permet de comprendre que la mainmise de l'Etat est précisément l'une des principales raisons pour lesquelles les élus locaux ont du mal à s'affirmer. On a déjà traité ici le problème de la vidéosurveillance. Voyons à présent pourquoi les partenariats locaux ne fonctionnent pas bien, en partant d'un article récent de Virginie Gautron (Université de Nantes), qui retrouve des constats plus anciens, constats que nous faisons également dans des observations réalisées en 2010 sur quatre communes.