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mercredi, octobre 12 2011

Banlieues et Islam : deux rapports au destin médiatique très différent

Photo_Marc_Laapage.jpgC'était la Une du journal Le Monde daté du 5 octobre : « Banlieues, Islam : l'enquête qui dérange ». A l'intérieur, on découvre quelques résultats d'une enquête manifestement très sérieuse dirigée par Gilles Kepel (Sciences Po Paris) et financée par l'Institut Montaigne avec de gros moyens. Certes, ce chercheur - spécialiste de l'Islam - constate comme tout le monde « un renforcement du référent religieux » dans les quartiers pauvres, à commencer par le commerce halal et les mariages endogamiques. Mais il explique que « cette revendication identitaire ne doit pas être prise au pied de la lettre ; elle est aussi une manière de demander son intégration dans la société, pas forcément de rompre avec elle ». De plus, à la question « qu'est-ce qui vous frappe le plus à Clichy et Montfermeil ? », l'universitaire répond « d'abord l'ampleur du problème de l'emploi ». Enfin, il termine en insistant avant tout sur l'école et l'éducation. En résumé, il semble que ce rapport (dont seul le résumé est accessible en ligne) rejoigne les constats que nous (les sociologues) faisons depuis des années. Dès lors, on ne comprend pas pourquoi Le Monde a choisi ce titre, on ne comprend pas en quoi cette enquête « dérange ».
Au même moment, à quelques centaines de kilomètres de là, deux autres chercheurs publiaient de leur côté un rapport intitulé Les Marseillais musulmans, qui connaissait, lui, un tout autre traitement médiatique...

Illustration : DR Marc Laapage

jeudi, février 17 2011

Enquête sur les marchands de sommeil à Clichy-sous-Bois

Image_chene_pointu_Clichy_Mediapart.jpg« Premier feu, deuxième feu, troisième feu ». Dans une salle du tribunal de grande instance de Bobigny, ce 11 janvier, l'huissier relance les enchères et surveille le râtelier qui porte les trois mèches successives. A l'extinction de la troisième flamme le bien est vendu. L'avocat s'approche, signe et remet un chèque de garantie. La présidente répète le montant de la transaction et le nom ou la raison sociale de l'acquéreur. Aujourd'hui, il s'agit de biens immobiliers. Et une fois encore, ce sont ceux localisés dans la commune de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) qui se taillent la part du lion. Huit des douze logements mis aux enchères ce jour sont situés dans cette commune paupérisée de la banlieue parisienne. Dans la copropriété du Chêne Pointu que l'on qualifie de « dégradée », pudique euphémisme au regard de son état de délabrement.
Ces acheteurs ne cherchent pas un toit pour se loger. Dans la salle d'audience, marchands de bien, agents immobiliers ou spéculateurs patentés s'abritent derrière leurs avocats, seuls autorisés à enchérir. Sur l'un des bancs du tribunal trône également ce jour là François Taconet, le président de «Habitats Solidaires». Cette association tente de racheter les appartements pour permettre à leurs occupants d'y rester en payant un loyer acceptable.