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samedi, avril 9 2011

Jeunesse dorée et jeunesse sacrifiée : quel avenir pour les non-diplômés ?

Photo_Alain_Bachellier_sur_flickr.jpgAu printemps 2010 dans le cadre des enquêtes « Génération », le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) a interrogé un échantillon de 25 000 jeunes de tous niveaux de formation parmi les 739 000 sortis du système éducatif en 2007. Arrivés sur le marché du travail dans un contexte économique plutôt favorable alors que le taux de chômage reculait depuis plusieurs trimestres, ils ont connu, à partir de mi-2008, les contrecoups de la crise économique mondiale.Ces résultats sont comparés aux données des précédentes enquêtes et apportent ainsi des éclairages sur l’évolution, au fil des générations, des premiers pas dans la vie active des jeunes.
L'enquête montre que, plus que jamais, il y a deux jeunesses : celle, diplômée, qui s'en sort tôt ou tard et a même surmonté la crise de fin 2008, et celle, non diplômée, qui a pris la crise de 2008 et la dégradation de la situation économique de plein fouet.

- « Benoît, 19 ans, sans diplôme, a rendez-vous à Pôle Emploi ».
- « Mourad, 20 ans : un jeune "irradié" du Pôle Emploi ».

Illustration : Alain Bachellier - flickr - licence cc

jeudi, mars 10 2011

La crise, la finance et la politique : conflits d'intérêt au coeur de Wall Street

Image_13_bankers.jpgLa crise financière a beaucoup coûté aux pays qu’elle a touchés. Dans une récente étude du Fonds Monétaire International, les économistes Luc Laeven et Fabian Valencia estiment qu’en France et aux États-Unis, le PIB est 25% plus faible, et la dette publique 25% plus élevée, qu’ils n’auraient été sans la crise. Pour d’autres pays le choc négatif a été bien plus fort encore : ainsi l’Irlande et l’Islande ont été entraînées dans la chute de leurs banques en tentant de les sauver. Aujourd’hui le contraste est fort dans les pays occidentaux entre l’économie réelle, dont la reprise tarde à s’amorcer, et les banques d’investissement que les gouvernements ont sauvées, et qui ont presque retrouvé leurs niveaux de profits (et de bonus) d’avant-crise. Cela appelle à se poser la question : pourquoi les réformes n’ont-elles pas eu plus d’ampleur ? Par exemple, pourquoi n’a-t-on pas imposé aux banques des ratios de fonds propres plus contraignants ? À cause du conflit d’intérêts extrêmement fort existant entre les technocrates de Washington et (treize) grandes banques d’investissement américaines, répondent Simon Johnson et James Kwak dans leur livre.

jeudi, décembre 23 2010

La situation sociale des "zones urbaines sensibles" ne cesse de se dégrader

Image_rapport_ONZUS.jpg Sans surprise, la rapport 2010 de l'Observatoire National des Zones Urbaines Sensibles (ONZUS) entérine une nouvelle dégradation de la situation globale de ces quartiers pauvres en France. La crise qui sévit depuis 2008 (pas pour tout le monde cependant) y provoque une augmentation du chômage plus forte qu'ailleurs. Les hommes jeunes, étrangers et d'origines étrangères, sont particulièrement touchés, y compris désormais ceux qui sont diplômés.
Cette situation est certes à mettre en relation avec la crise économique, mais aussi avec les choix qui, depuis la loi de 2003, ont conduit à concentrer l'essentiel des budgets de la politique de la ville sur les programmes de rénovation urbaine. L'emploi est la première clef de l'insertion dans la société et du passage de la jeunesse à l'âge adulte. Avec la réussite scolaire, ceci devrait être la véritable priorité des politiques publiques comme le souligne justement le collectif Banlieues Respect. Or, ce n'est pas le cas. Dans ce contexte, il n'est pas surprenant que les problèmes de délinquance demeurent au moins aussi importants dans ces quartiers pauvres, voire localement de plus en plus importants.