Keyword - Délinquance des mineurs

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samedi, octobre 15 2016

La délinquance des mineurs à Marseille. 500 jeunes suivis par la PJJ

tribunal_pour_enfants_2.jpgNous présentons ici les premiers résultats d’une recherche menée à Marseille, dans les cinq centres de milieu ouvert (UEMO) de la Protection Judiciaire de la Jeunesse. Cette recherche présente l’intérêt de traiter systématiquement un matériel empirique riche en informations pour illustrer l’état actuel de la délinquance juvénile sur l’ensemble du territoire marseillais. Sur un peu plus de 1 000 dossiers suivis par la PJJ en 2014 (en cours ou débutant), nous en avons dépouillé 537, pour n’en retenir que 492 exploitables statistiquement. Au final, nous pouvons donc considérer que nous avons étudié la moitié des jeunes concernés.

Photo : justice.gouv.fr

jeudi, mai 15 2014

L’évolution de la délinquance des mineurs et de son traitement pénal

cahiers_dynamiques_58.jpgLa délinquance juvénile, son augmentation supposée, sa violence réputée croissante et son rajeunissement présumé se sont imposés comme des thèmes centraux dans le débat public et dans l’agenda politique depuis le début des années 1990, en France comme dans de nombreux autres pays européens. Au point de constituer une peur collective suscitant parfois même de véritables petites « paniques morales » lorsque médias, politiciens et groupes de pression joignent leurs discours et leurs actions, par exemple dans l’affaire des « tournantes » (viols collectifs) au début des années 2000. Par ailleurs, cette idée d’une augmentation constante de la délinquance des jeunes rencontre aussi un préjugé favorable dans une partie de la population générale dont elle alimente le « sentiment d’insécurité ». La tentation est alors grande chez certains de nos concitoyens d’interpréter toute évolution dans le sens négatif d’une dangerosité potentielle voire d’une décadence morale. Les discours sur les films que regardent les jeunes, sur les jeux vidéo qui les occupent ou encore sur les musiques qu’ils écoutent, en fournissent de nombreux exemples. Enfin, les médias diffusent régulièrement des chiffres sensés illustrer cette évolution, mais qu’ils utilisent le plus souvent comme des arguments d’autorité et non comme des éléments d’analyse. C’est l’ensemble de ce cadre imposé dans le débat public qu’il faut pourtant sinon remettre en question du moins mettre en parenthèses pour tenter de réfléchir posément et sérieusement.

jeudi, janvier 27 2011

La politisation des chiffres de la délinquance à l'échelon local (l'exemple nîmois)

Photo_hsivonen_-_flickr_-_arene_de_nimes.jpgL'opération de communication politique qui entoure la publication des statistiques de police et de gendarmerie ne se joue pas seulement au niveau national. Les médias nationaux ont beaucoup commenté celle réalisée rituellement par le ministre de l'Intérieur au mois de janvier de chaque année, mais le même processus se décline ensuite plus ou moins bruyamment dans chaque département. Dans certains cas, il n'est pas présenté comme un événement. Dans d'autres, il a au contraire des répercussions locales importantes et est fortement valorisé par la presse quotidienne régionale.
C'est ce qui s'est produit notamment à Nîmes où les chiffres du ministère de l'Intérieur ont été jugés "inquiétants" et où la délinquance des mineurs a été présentée par le préfet comme une "spécificité gardoise". Quelques jours plus tôt, le parquet donnait pourtant des chiffres contradictoires et une petite enquête locale révèle assez rapidement les enjeux politiques locaux qui rôdent autour de la question des mineurs délinquants.

mardi, janvier 11 2011

Le placement du mineur délinquant : entre logiques institutionnelles et stigmatisation

Image_gratuite_2.jpgCet article de recherche expose les différentes étapes de la mise en œuvre d’une mesure de placement d’un mineur délinquant. En s’appuyant sur la sociologie des organisations, il montre que cette mise en œuvre comporte différentes zones d’incertitudes propices aux négociations et enjeux de pouvoir entre les principaux acteurs. Les stratégies élaborées par les professionnels visent bien souvent la résolution de problèmes institutionnels ou intra-organisationnels. Pourtant, le choix du foyer et le déroulement de cette mesure influent fortement sur le parcours du mineur et stigmatisent son identité sociale.