La circulaire du 11 janvier 2010, cosignée par le ministre de l'Intérieur puis la ministre de la santé (dans cet ordre) et adressée à tous les préfets, met en émoi le monde psychiatrique. Le texte prévoit que lorsque les psychiatres prévoient une "sortie d'essai" des malades hospitalisés d'office, ils devront désormais en passer par les fourches caudines des préfets chargés de "s'assurer de la compatibilité de la mesure avec les impératifs d’ordre et de sécurité publics". La quasi totalité des professionnels de la psychiatrie dénoncent cette emprise des préoccupations sécuritaires. Le tout intervient dans le contexte de préparation d'une révision de la loi de 1990 sur les hospitalisations sans consentement et dans un monde médical encore marqué par le virage sécuritaire amorcé depuis le discours de N. Sarkozy du 2 décembre 2008, prononcé (une fois de plus) dans le contexte d'un fait divers dramatique. A l'époque, ce virage avait suscité une première levée de boucliers. Cette circulaire relance ces débats et ces mobilisations.

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