Keyword - Emeutes

Fil des billets

jeudi, janvier 13 2011

Révoltes populaires en Tunisie : les chercheurs avaient prévu

Logo_Iremam.jpgLa Tunisie vit depuis le 17 décembre 2010 des soulèvements populaires que les chercheurs avaient prévus. Les travaux publiés dans la revue L’Année du Maghreb, en 2009 et en 2010, avaient en effet mis en avant la forte probabilité d’éclatement d’émeutes.
« Lorsqu’elle a éclaté au début de l’année 2008, personne ne soupçonnait l’ampleur qu’allait prendre la révolte du bassin minier de Gafsa. Limitée au départ à des revendications socioprofessionnelles, elle a progressivement revêtu une dimension politique et protestataire qui fait d’elle un mouvement social emblématique de la crise du « système Ben Ali ». Sur le plan sécuritaire d’abord, où les modes d’encadrement autoritaires habituels se sont rapidement avérés incapables de contenir la contestation sociale, au point de remettre en cause la cohérence du dispositif répressif. Sur le plan économique, ensuite, la révolte du bassin minier est venue égratigner sérieusement le mythe de la "Tunisie dragon d’Afrique", le chômage, la précarité généralisée et la corruption constituant les principaux moteurs de la protestation. Sur le plan politique, enfin, dans la mesure où les forces d’opposition classiques et les syndicats se sont retrouvés dépassés par l’audace protestataire de citoyens ordinaires. En ce sens, le mouvement social du bassin minier est porteur de "leçons politiques", sur lesquelles il est nécessaire de revenir, afin d’appréhender la dégénérescence du Pacte de sécurité mis en place par le régime au cours de la décennie précédente ».

samedi, décembre 11 2010

Etat d'émeutes, Etat d'exception : retour à la question centrale des périphéries

Image_lilvre_etat_d__emeutes.gif Cinq ans ont passé depuis les émeutes de 2005. On a vu depuis diverses répliques qui ont marqué les esprits (comme à Villiers-le-Bel) ou bien sont passées inaperçues. Puis sont apparues quantité de publications réactives. Enfin, un certain nombre de lois et de décisions publiques ont découlé de ces émeutes. On peut dresser un bilan critique des politiques publiques menées en réponse à ces protestations collectives, c'est-à-dire s'interroger sur leur inefficacité tant il est clair que les problèmes n'ont pas fondamentalement changé, quand ils ne se sont pas aggravés. Nous avons tenu colloque en octobre 2006, un an et demi après les événements de Perpignan (fin mai 2005), un an après les émeutes de la région parisienne (fin octobre 2005), afin de croiser les regards et de mettre à distance les faits. Un groupe de chercheurs, de professionnels et d’étudiants, sociologues et géographes, s’est alors interrogé sur les violences émeutières, les révoltes périphériques et les processus de centralité, de légitimité et de conflictualité auxquels elles renvoient. Nous n’en avons pas fini avec ce problème, qui n’a de solution monocausale ni de résolution uniquement institutionnelle, surtout quand l’état d’exception ou d’urgence se banalise et ne fait qu’accentuer la relégation, l’exclusion voire la ghettoïsation des plus jeunes et des plus démunis.

  • Ce livre est publié sous la direction de Jean-Louis Olive, Laurent Mucchielli & David Giband, avec des contributions de Véronique Le Goaziou, Roxane Got, Georges Bartoli, Lucie Musso, Guillaume Plantard, Nadine Bouzarou, Marie Chartier, Laurent Novoa, Yannick Cahuzac, Sophie Avarguez, Brigitte Mortier, Jean-Luc Chapey, Didier Vidal, Jean-Louis Olive, Laurent Mucchielli et David Giband.
  • Voir la table des matières de ce livre.
  • Commander ce livre sur Internet.

vendredi, mai 21 2010

Les violences politiques en Europe

Image_livre_violence_politique.gifÉmeutes, hooliganismes, terrorismes, crimes racistes, crimes d’État… Ces violences sont rarement analysées comme des violences politiques dans le débat public. La notion même de violence politique reste floue. Où commence-t-elle, où s’arrête-t-elle ? Est-elle en recrudescence ou en voie de disparition ? Certains pays européens sont confrontés de longue date à une violence politique organisée. D’autres connaissent des sursauts de violences motivées par des convictions idéologiques, des ressorts identitaires, des mises à l’écart sociales ou des transformations de régime.
C’est cette variété de violences politiques – qu’elles soient de type idéologique, nationaliste, émeutière, ou encore étatique – qui est analysée dans cet ouvrage. Quinze chercheurs français et étrangers y décryptent pour cela un ensemble de situations : violences islamistes, d’extrême gauche et d’extrême droite, paramilitarisme nord-irlandais, violence de l’ETA ou des groupes clandestins corses, phénomènes émeutiers français et anglais, hooliganisme, évolutions du maintien de l’ordre, violence politique à l’œuvre en période de changement de régime en Europe centrale et orientale, violence des mouvements sociaux.

  • Livre publié sous la direction de Xavier Crettiez et Laurent Mucchielli, contributions de Dominique Bodin, Amel Boubekeur, Donatella della Porta, Élise Féron, Olivier Fillieule, Stéphane Heas, Wilhelm Heitmeyer, Jérôme Heurtaux, Salvatore Palidda, Alfonso Pérez-Agote, Pierre Piazza, Luc Robène, Gaëlle Sempé, Isabelle Sommier et Dave Waddington.
  • Voir le sommaire détaillé du livre
  • Commander ce livre sur Internet.