Keyword - Enquêtes de victimation

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samedi, mai 7 2011

Mesurer l'évolution des cambriolages

Photo_beogles_flickr.jpgMesurer la délinquance est une opération complexe pour laquelle la recherche, après s’être longtemps appuyée sur les seules données produites par les institutions, a cherché à diversifier ses sources. En effet, toute une série d’actes délinquants n’apparaissent pas dans les statistiques d’activité de la police et de la gendarmerie et pour les saisir, les sciences sociales ont conçu des instruments qui lui sont propres : parmi ceux-ci des enquêtes, dites de victimation, interrogent des échantillons de population sur les infractions dont ses membres disent avoir été victimes au cours d’une période donnée. C’est à la confrontation de ces deux sources que nous procédons ici pour observer l’évolution des cambriolages en France depuis le milieu des années 1980. On s’en tiendra plus précisément aux cambriolages de la résidence principale ou de ses annexes.

Illustration : beogles - flickr - licence cc

vendredi, décembre 24 2010

Les techniques et les enjeux de la mesure de la délinquance

Image_editions_Atheles.pngLes questions de sécurité figurent parmi les plus importantes dans les discours politiques et les rhétoriques électorales en France. Dans ces débats que répercutent fortement les médias, les statistiques servent généralement d’arguments d’autorité. Elles sont convoquées pour prouver le bien fondé de l’action d’un gouvernement, ou son échec selon ses opposants. Cela donne des « batailles de chiffres » auxquelles le citoyen ne comprend souvent pas grand-chose, qui n’éclairent guère le débat public et surtout permettent rarement d’évaluer correctement tant l’état des problèmes que l’efficacité des politiques publiques. On s’efforcera ici de clarifier les choses du point de vue de la construction et de l’usage des statistiques, en rappelant d’abord ce que nous appellerions volontiers trois « règles d’or » de l’analyse statistique en sciences humaines : 1) on ne peut rien dire d’un chiffre si l’on ignore comment il a été fabriqué ; 2) un seul chiffre ne saurait permettre de décrire ni mesurer un phénomène social complexe ; 3) les chiffres ne « parlent pas d’eux-mêmes », c’est nous qui les faisons parler.