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mardi, mars 22 2016

À quoi sert la vidéosurveillance ? Le cas français d’une petite ville « exemplaire »

cameras_de_videosurveillance_globe.jpgLe fort développement de la vidéosurveillance dans l’espace public, en France, à partir des élections présidentielles de 2007, n’a pas fait l’objet d’évaluations scientifiques. Cet article propose une étude de cas et un travail de terrain dans une petite ville dotée d’un système de vidéosurveillance considéré comme exemplaire par les pouvoirs publics locaux. L’étude montre que la vidéosurveillance n’assure ni prévention ni dissuasion des actes de délinquance et qu’elle n’a globalement aucun impact sur le niveau de la délinquance enregistrée. L’étude illustre également le phénomène de déplacement des problèmes. Elle permet ensuite de mesurer la contribution de la vidéosurveillance au travail de police judiciaire, montrant que cette contribution est réelle mais limitée. Au final, la vidéosurveillance apparaît essentiellement comme un outil municipal de gestion urbaine de proximité, qui n’a que peu de rapport avec la politique locale de sécurité et de prévention. L’auteur analyse alors les ressorts politiques du succès de cette technologie, montrant qu’elle a constitué une ressource politique tant pour le gouvernement qui a décidé d’inciter à sa généralisation que pour les élus locaux désireux d’afficher une action dans le domaine, le tout en lien avec le fort développement des industries de la sécurité.

Photo : lesinrocks.com

vendredi, janvier 17 2014

Pour une évaluation (vraiment) scientifique de la vidéosurveillance

Photo_zigazou76_dome_flickr.jpgDans le débat public, la « vidéoprotection » (désormais VP) est l’objet de deux légendes, qu’il faut préalablement mettre à distance si l’on prétend réaliser une évaluation scientifique. Une légende noire est produite par les opposants de principe qui dénoncent l’arrivée de big brother, une forme de « flicage » attentant gravement aux libertés publiques ainsi qu’à la vie privée. Une légende dorée est produite par les partisans de principe de la VP, qui célèbrent une technologie révolutionnant la lutte contre la délinquance, parce qu’elle permettrait de confronter les dénégations du délinquant à l’irréfutable preuve par l’image.
À distance de ces deux légendes, l’étude scientifique a pour but d’objectiver l’installation, le coût, l’utilisation et l’impact d’un dispositif, s’agissant ici des dispositifs de surveillance par caméras installées sur la voie publique. Au cours de l’année passée, nous avons mené une étude de terrain dans une commune de près de 19 000 habitants de la région Languedoc-Roussillon, qui dispose d’un dispositif de VP particulièrement opérationnel.

Illustration : zigazou76 - flickr - licence cc

lundi, avril 15 2013

La Rénovation urbaine : démolition-reconstruction de l'État

renovation_urbaine.jpgLes politiques mises en oeuvre depuis le début des années 1980 dans les grands ensembles d'habitat social n'étant pas parvenues à les faire sortir de la spirale de la dévalorisation et de l’exclusion, leur démolition s’est imposée comme la solution au problème des banlieues.
Le programme national de rénovation urbaine (PNRU) lancé par Jean-Louis Borloo en 2003 a transformé la France des grands ensembles en un vaste chantier. Des opérations de démolition-reconstruction ont été engagées dans près de 500 quartiers, mobilisant des moyens colossaux– 45 milliards d’euros au total – avec la double ambition de banaliser leur forme urbaine et d’en faire des lieux de mixité sociale.
Alors que les premiers projets s’achèvent et que le mirage d’une dissolution des problèmes sociaux dans la transformation urbaine se dissipe, cet ouvrage revient sur la mise en oeuvre et les effets de ce programme.
L’analyse du PNRU et sa mise en perspective historique renouvellent les débats sur la politique de la ville et apportent un éclairage inédit sur les effets territoriaux des réformes de l’État des années 2000. Car la rénovation urbaine résulte et participe d’un processus plus vaste de démolition-reconstruction de l’État, organisant dans un même mouvement son retrait des territoires et la restauration de sa capacité d’orientation, à distance, des politiques qui y sont menées.

dimanche, juillet 10 2011

Le programme national de rénovation urbaine: quel bilan huit ans après la loi Borloo ?

Image_cite_par_borix1_sur_flickr.jpgLe Comité d’évaluation et de suivi de l’ANRU vient de remettre son rapport annuel, intitulé « Les quartiers en mouvement. Pour un Acte 2 de la rénovation urbaine ». Comme l’indique son sous-titre, le rapport prend clairement position pour un prolongement du Programme national de rénovation urbaine (PNRU) lancé par Jean-Louis Borloo en 2003, qui devait initialement prendre fin en 2008 mais dont l’échéance a été plusieurs fois repoussée par le législateur pour être désormais fixée à 2013. Cette prise de position vient s’ajouter à celles du ministre de la ville, des dirigeants de l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU), des élus locaux et des responsables du mouvement HLM qui, au cours des derniers mois, ont multiplié les appels au lancement d’un second programme du rénovation urbaine. L’argumentaire développé par les uns et les autres témoigne d’un consensus rare, s’agissant d’une politique visant des quartiers qui occupent une place centrale dans les polémiques partisanes : le PNRU est un succès dont les résultats sont visibles, mais ce succès est incomplet et fragile ; un nouveau programme, appuyé sur des ressources comparables au premier doit être lancé rapidement, faute de quoi les 42 milliards d'euros investis pour le PNRU1 l’auront été à perte.

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