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samedi, novembre 30 2013

Délinquance et criminalité à Marseille : fantasmes et réalités

Photo_Marseille.jpgA chaque règlement de comptes ou presque, les médias font mine de découvrir la réalité du banditisme. Certes, les règlements de comptes meurtriers entre malfaiteurs connaissent depuis quelques années un léger regain d’intensité sur fond notamment de concurrence exacerbée sur le marché des drogues. Certes encore, selon les statistiques de police, plus d’un tiers des « règlements de compte entre malfaiteurs » enregistrés en France par la police judiciaire a eu lieu dans la seule région marseillaise ces dernières années. Cependant tout cela n’a rien de nouveau et s’enracine à l’inverse dans une longue histoire. Sur les quarante dernières années, tous les discours annonçant l’irruption d’une « nouvelle violence » et de « nouveaux bandits » totalement différents de leurs prédécesseurs procèdent du fantasme et de l’ignorance.
C’est probablement au tournant du XIXe siècle qu’une « économie criminelle » émerge à Marseille en raison principalement de la compétition pour l’exploitation de la prostitution en centre-ville. Cela est dû au fait que Marseille est devenue un port international. Des trafics vont s’organiser en lien avec les colonies et les protectorats français et vont perdurer jusqu’au XXe siècle. Au trafic de drogues s’ajoute le trafic d’armes à feu. Un nouveau banditisme lié à la communauté corse voit le jour. Bien organisé, souvent instruit, connaissant les lois et employant des avocats chevronnés, il bénéficie de protections politiques importantes.

lundi, avril 11 2011

Accès au droit et lutte contre l'exclusion

Photo_jean-louis_zimmermann_flickr.jpgL'accès aux droits (civils, politiques et sociaux) est un objectif majeur de la lutte contre la pauvreté et les exclusions. Pour les personnes en situation de précarité, le non-recours aux droits comporte le risque d’une aggravation de leur situation sociale. Leur accès est cependant garanti par la possibilité donnée à chacun de soumettre le contrôle du respect de ses droits à un tribunal ou à une instance non juridictionnelle.
En principe, chacun est justiciable, c’est-à-dire qu’il a la faculté de saisir une juridiction pour faire valoir ses droits. L’effectivité de leur accès n’a cependant rien d’automatique. On observe un non-recours au droit et aux droits. Certaines personnes peuvent ne pas imaginer qu’elles sont justiciables, ni même considérer qu’elles sont des sujets de droits. La chance de chacun d’accéder au droit est par conséquent inégale.
Partant de l’hypothèse que le rapport au(x) droit(s) des personnes en situation de précarité dépend étroitement de la façon dont elles se perçoivent elles-mêmes, la recherche présentée ici a interrogé les processus pouvant (re)mettre ces personnes dans leur statut de justiciables et de sujets de droits.

Illustration : jean-louis zimmermann - flickr - licence cc