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samedi, septembre 20 2014

A quoi servent les « voisins vigilants » ?

voisins_vigilants.jpgLe phénomène prend une ampleur considérable en France, sur le modèle anglo-saxon du Neighbourhood Watch.
Les pancartes, œil stylisé sur fond jaune, "fleurissent" à l'entrée des communes, ou en autocollants sur les boîtes aux lettres des particuliers qui rejoignent le site voisinsvigilants.org. Il revendique quelque 6 000 communes adhérentes en France (droite et gauche confondues), en moyenne 150 nouveaux adhérents chaque jour et une efficacité redoutable : 40 % de cambriolages en moins, même si les chiffres sont bien difficiles à vérifier.
En juin 2011, Claude Guéant avait diffusé une circulaire incitant les préfets à promouvoir l'opération "participation citoyenne" dans certains départements-pilotes comme les Alpes-Maritimes ou le Haut-Rhin. Mais l'initiative n'avait récolté que peu d'adhésion, suscitant même plutôt de l’hostilité dans certaines régions encore marquées par la délation des temps de guerre.
En septembre 2013, Manuel Valls avait lui aussi "validé" cette "politique partenariale", tout en mettant en garde contre le risque d'autodéfense. Mais le dispositif officiel reste encore assez confidentiel aujourd'hui alors que l'initiative privée, elle, a fait nombre d'émules.

Photo : francetvinfo.fr

dimanche, mars 31 2013

La Cour des comptes, la police et les heures supplémentaires

heures_sup.jpgUn rapport de la Cour des comptes, en date du 18 mars 2013, critique la gestion des dépenses du ministère de l'intérieur, la tendance au dépassement des crédits alloués et l'accumulation de mesures catégorielles néfastes accordées, suite à la réforme des corps et carrières instaurée dans la police en 2004 et au plan similaire mis en place dans la gendarmerie en 2005.
Déjà en 2011, dans un précédent rapport intitulé L'organisation de la gestion des forces de sécurité publique, la cour des comptes pointait du doigt « l'organisation coûteuse du temps de travail des policiers » et prévenait qu'il faudrait prendre des mesures drastiques pour y remédier. Cette fois, les magistrats rappellent que l'objectif fixé par la loi de programmation des finances publiques était de stabiliser les dépenses de l’État et, bien que les services de police et de gendarmerie ont une mission de service particulière, avec leur 240 000 fonctionnaires représentant 11,6% du total des dépenses de rémunération des agents de l’État, ils ne peuvent être exonérés de cette contrainte. Or, de 2006 à 2011, la Cour constate une hausse de plus de 10% des dépenses pour la police et de plus de 5% pour la gendarmerie alors que, dans le même temps, l'ensemble des dépenses de la fonction publique d’État augmentait de « seulement » 4,2%.

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mardi, avril 26 2011

La police n'aime pas être contrôlée

Photo_skreuzer_flickr.jpgLa Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS) rend aujourd'hui son dernier rapport annuel, en forme de testament. Elle y détaille en effet la nature des difficultés qu'elle a rencontrées ces dernières années dans sa mission de contrôle de la déontologie des forces de l'ordre. Le document est à lire car il est assez édifiant.
Dans son activité de contrôle, la CNDS a rencontré trois difficultés, dont la principale est le défaut de coopération des institutions concernées. Le problème est le suivant : pour mener ses enquêtes, la CNDS avait besoin de la « collaboration loyale » des administrations concernés (en particulier les corps d'inspection). Or le rapport illustre les multiples bâtons que les fonctionnaires concernés ont mis dans les roues des contrôleurs de la CNDS.

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dimanche, avril 17 2011

Les gendarmes n'ont vraiment pas le moral

IMG_2140Les gendarmes, vous savez ? Ces militaires chargés de la sécurité quotidienne de 50 % de la population française répartie sur 95 % du territoire national. Eh bien ils n'ont vraiment pas le moral. Et franchement, on les comprend. Jugez plutôt.
On ne parle pratiquement jamais des gendarmes, qui ne sont pas syndiqués parce qu'ils sont militaires (on appelle bien l'armée « la grande muette »). Et ceci fait bien les affaires du pouvoir politique depuis 2002, car c'est peu de dire que les gendarmes ont avalé depuis cette date une impressionnante série de couleuvres.

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lundi, mars 21 2011

La police contre les citoyens ?

Image_voiture_de_police_2.jpgQu’est-ce qu’être policier en France aujourd’hui ? Comment expliquer les tensions entre les policiers et les jeunes, mais aussi les moins jeunes ? Pourquoi ce malaise grandissant au sein de la police ? Pourquoi cette dégradation continue des relations entre polices et population ? Qu'est ce qui se joue réellement autour des chiffres de la délinquance ? Quelles sont les conséquences de la politique du chiffre menée depuis 2002 sur les policiers comme sur les citoyens ? Pourquoi ce refus obstiné de la police de proximité par le pouvoir actuel ? Et d'ailleurs qu'est-ce exactement que la police de proximité ?
Un livre paraît cette semaine qui apporte des réponses fortes, précises et concrètes à ces questions fondamentales. Il est signé Christian MOUHANNA, chercheur au CNRS, grand spécialiste de la sociologie de la police. Fort de 15 années de recherches de terrain sur ces problèmes, dans les banlieues sensibles comme dans les quartiers aisés, il propose une synthèse de son travail et montre comment policiers, élus et citoyens sont entraînés aujourd'hui dans un véritable cercle vicieux qu'il serait urgent de mettre sur la table du débat démocratique.
La démonstration est sereine, elle ne s’inscrit pas dans une logique de dénonciation, mais dans une volonté de compréhension des uns et des autres, conduisant à des remises en question sévères mais fondées. Ajoutons pour finir qu'elle concerne tout autant la gendarmerie, dont le modèle de police de proximité (intégré dans la doctrine de la "surveillance générale") a fait depuis très longtemps ses preuves mais se trouve aujourd'hui progressivement détruit.

vendredi, janvier 21 2011

Les « chiffres de la délinquance » en 2010 ou la Com’ rituelle du ministre de l’Intérieur

Image_revues.org.jpgComme chaque année, le ministre de l’Intérieur fait sa Com’ en annonçant au mois de janvier les prétendus « chiffres de la délinquance » de l’année écoulée. Le quotidien pro-gouvernemental Le Figaro en a eu la primeur, l’interview du ministre étant reprise sur le site officiel du ministère. Bien entendu, les choses sont globalement positives, il ne saurait en être autrement. Depuis 2002 tout va mieux, tandis qu’avant c’était naturellement la catastrophe. En 2010, on constate des progrès qui sont entièrement dus aux décisions prises par le ministre. Et s’il reste des problèmes, soyons rassurés : le ministre a déjà pris les décisions qui s’imposaient pour 2011. On n’est pas loin d’Alice au pays des merveilles. Les choses sont cependant un peu plus compliquées. Les statistiques de police ne sont pas les « chiffres de la délinquance ». Et au vu de cette statistique, il n’y a pas vraiment de quoi se vanter.

mercredi, janvier 12 2011

Le Conseil d'Etat réintègre Jean-Hugues Matelly dans la gendarmerie

Logo_gendarmerie_nationale.jpgDans sa Décision n° 338461 du 12 janvier 2010, le Conseil d'Etat vient d'annuler la sanction gravissime (radiation des cadres) décrétée par le Président de la République le 12 mars 2010 et il enjoint au ministre de la défense de réintégrer cet officier dans son corps d’origine. Dans le détail, le Conseil d’État juge que M. Matelly « a effectivement manqué à ses obligations en faisant état dans les médias de son opposition à la politique de réorganisation de la police et de la gendarmerie, au moment même où cette politique était en débat devant le Parlement ». Pour autant, le Conseil d’État considère que « la sanction était disproportionnée au regard de la faute ainsi commise ». Il estime que « les propos qu’il a tenus fin 2009 constituaient une critique de fond, sous la forme d’une défense de la gendarmerie, formulée en termes mesurés et sans caractère polémique ». Il ajoute que « l’excellente manière de servir de l’intéressé était attestée par les notations produites au dossier. Dans ces conditions, en faisant le choix de la mesure la plus lourde, équivalente à un licenciement, alors qu’elle disposait d’un éventail de sanctions large, l’administration a prononcé à l’encontre de cet officier de gendarmerie une sanction manifestement excessive ».
Dans un communiqué, le directeur général de la gendarmerie a déclaré prendre acte de la décision du Conseil d'Etat mais a également annoncé qu'une nouvelle procédure disciplinaire sera engagée, évoquant à la suite du Conseil d'État, la sanction suivante en ordre décroissant de gravité : un « retrait d'emploi allant jusqu'à douze mois ». Jean-Hugues Matelly n'en a donc pas fini avec les procédures. Il lui faudra encore bien du courage.

samedi, décembre 11 2010

Parti socialiste : de belles avancées et encore un blocage sur les questions de sécurité

logo_PS.png Le « Pacte national de protection et de sécurité publique » rendu public par le Parti socialiste le 17 novembre dernier n’a pas été remarqué autant qu’il le mérite, probablement en raison de la « guerre des chefs » qui continue logiquement de ternir l’image du PS. Rien ne dit du reste que ce texte entrera dans l’histoire tant cette querelle des égos menace à tout moment de ruiner les efforts de réflexion collective antérieurs et de déterminer les responsabilités des hommes et des femmes politiques en fonction de leurs allégeances plutôt que de leurs compétences. Et pourtant, ce texte constitue une avancée indéniable et importante dans la réflexion interne à ce parti, en même temps qu'il trahit la persistance d'une posture particulièrement répressive s'agissant en particulier des mineurs et de leur traitement judiciaire. Les deux articles que nous publions ici s'efforcent d'expliciter ces deux aspects.

vendredi, juin 1 2007

Gendarmes et voleurs

Image_livre_gendarmes_et_voleurs.gifLa délinquance s'est-elle véritablement transformée au cours des quinze dernières années, dans les territoires sous responsabilité de la gendarmerie nationale ?
Telle était la question posée à une équipe de chercheurs. Au terme de leur enquête, après une analyse minutieuse de l'évolution statistique nationale et quatre études de terrain réalisées dans des territoires très différents (du périurbain récent au rural traditionnel), ces chercheurs répondent par la négative et déplacent la question.
À quelques évolutions technologiques près, les évolutions les plus profondes ne tiennent pas à la nature de la délinquance ni au profil des délinquants, mais aux modes de peuplement des territoires, aux modes de vie des habitants, aux relations qu'ils entretiennent entre eux et avec les gendarmes ainsi qu'au droit pénal et aux politiques de sécurité. Dès lors, la recherche ouvre de nouveaux horizons de réflexion pour l'institution : sur son adaptation aux territoires, sur ses relations avec la population, sur son besoin de partenariats non limités au champ de la sécurité et sur l'évolution du métier de gendarme.