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jeudi, janvier 23 2014

Criminologie et lobby sécuritaire : une controverse française

criminologie_et_lobby_securitaire.jpgL’existence de la « criminologie » comme discipline universitaire fait l’objet d’une intense controverse en France depuis le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Qui sont les protagonistes de cette querelle ? Quelles conceptions de la science s’affrontent dans cette dispute ? Où et comment doit-on former les professionnels de la prévention, de la sécurité et de la justice ? Quelles recherches et quelles productions statistiques sur la délinquance faut-il encourager ? Les politiques pénales peuvent-elles échapper à la surenchère sécuritaire ? De quelle expertise doivent disposer les pouvoirs publics au niveau national comme au niveau local ?
Laurent Mucchielli est l’un des principaux acteurs de cette controverse. Dans cet ouvrage, il propose d’abord une mise en perspective historique des débats sur la criminologie, qui remontent à la fin du 19ème siècle. Ensuite, il se positionne dans les affrontements actuels. Enfin, il montre qu’au cœur de cette affaire, se déploie l’offensive d’un lobby néoconservateur qui, derrière le paravent de la Science, tente de légitimer sa vision du monde ultra-sécuritaire tout en réalisant de bonnes affaires.

lundi, mars 14 2011

Le coût du crime selon « l'Institut pour la justice » : une étude bien peu rigoureuse

Photo_erreur_404_par_Emilie_Ogez_sur_flickr.jpgDepuis quelques temps circule un chiffrage du coût de la criminalité en France. L’estimation avancée est de 115 milliards d'euros, ce qui représente 5,6 % du PIB. Repris par les médias et dans des discours politiques, ce chiffre a récemment encore servi comme préambule au rapport Benisti (mission parlementaire sur la prévention de la délinquance des mineurs). Cette évaluation est issue d’une étude de Jacques Bichot (économiste, professeur en retraite de l'Université Lyon 3, collaborateur régulier de l'Institut Montaigne, co-auteur avec Alain Madelin d'un livre intitulé Quand les autruches prendront leur retraite). Cette étude a été publiée sur Internet en avril 2010 par l’Institut pour la Justice, un groupe de pression qui œuvre pour des lois plus sévères afin « de débarrasser réellement la société des sadiques dangereux ». La lecture attentive de cette étude révèle de sérieux problèmes de méthode, des approximations confondantes et des partis pris évidents.

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lundi, février 28 2011

« La justice est laxiste » : pour en finir avec le populisme pénal (et son lobbying)

Logo_Rue_89.gifSi les Français sont insatisfaits face à la délinquance, c'est que la justice est laxiste, alors que la police est efficace : voilà le message simple que l'actuelle majorité cherche à faire passer (et que diffuse notamment une organisation para-politique qui s'est baptisée « Institut pour la justice » et qui a lancé une pétition sur la récidive en dénonçant également l'« indécence » et l'« irresponsabilité » des magistrats).
Elle est relayée par certains syndicats de policiers dénonçant le fait que l'action des forces de police sur le terrain serait vaine car la justice relâcherait trop tôt les délinquants arrêtés, ne les condamnerait pas ou pas assez, ce qui nourrirait chez eux un sentiment d'impunité et favoriserait la récidive. Ce faisant, par un curieux renversement des facteurs, les détenteurs du pouvoir, garants des institutions, en viennent à relayer la critique d'une des principales institutions, la justice, au nom de la défense coûte que coûte des « victimes ».
Le discours de mise en cause de l'activité des juges est constitutif d'un populisme pénal, faisant du laxisme des juges le modèle explicatif de la délinquance et faisant de l'accumulation des lois et de nouveaux délits la réponse médiatique attitrée aux drames qui défraient la chronique.