Photo_prison_par_Tim_Pearce__Los_Gatos_sur_flickr.jpgDans quel état se trouve actuellement le système carcéral italien ? De quelle histoire, partiellement singulière et partiellement partagée, est-il le produit ? Dans quelle mesure, à quelles occasions et de quelle manière les prisons, du moins certaines d’entre elles, y accèdent-elles momentanément à une certaine visibilité publique ? Pour le non italianiste, les ressources sont rares, surtout hors généralités juridiques et statistiques. En guise de sensibilisation, on lira avec intérêt le récit de Dario Stefano Dell’aquila intitulé « Kafka à Naples », sur la prison de Poggioreale, texte récemment traduit et publié par le site (et depuis peu la revue) Article XI. Malheureusement trop court, mais saisissant : « À Naples, la prison de Poggioreale – 1 300 places et le double de détenus – est une ville dans la ville. Son imposante porte de tôle sépare des milliers de femmes et d’hommes de la rumeur de la rue. Dans des pavillons qui portent le nom de villes, choisis en fonction d’une improbable géographie de la peine – Naples, Salerne, Avellino, Turin, Milan, Rome –, les cellules reçoivent jusqu’à quatorze personnes. Deux mille cinq cents prisonniers y purgent une peine, tous n’ont pourtant pas été jugés : 88 % des détenus sont en attente d’une sentence définitive, n’ayant pas encore été "techniquement" condamnés. ».

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