Keyword - Laurent Mucchielli

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samedi, septembre 20 2014

A quoi servent les « voisins vigilants » ?

voisins_vigilants.jpgLe phénomène prend une ampleur considérable en France, sur le modèle anglo-saxon du Neighbourhood Watch.
Les pancartes, œil stylisé sur fond jaune, "fleurissent" à l'entrée des communes, ou en autocollants sur les boîtes aux lettres des particuliers qui rejoignent le site voisinsvigilants.org. Il revendique quelque 6 000 communes adhérentes en France (droite et gauche confondues), en moyenne 150 nouveaux adhérents chaque jour et une efficacité redoutable : 40 % de cambriolages en moins, même si les chiffres sont bien difficiles à vérifier.
En juin 2011, Claude Guéant avait diffusé une circulaire incitant les préfets à promouvoir l'opération "participation citoyenne" dans certains départements-pilotes comme les Alpes-Maritimes ou le Haut-Rhin. Mais l'initiative n'avait récolté que peu d'adhésion, suscitant même plutôt de l’hostilité dans certaines régions encore marquées par la délation des temps de guerre.
En septembre 2013, Manuel Valls avait lui aussi "validé" cette "politique partenariale", tout en mettant en garde contre le risque d'autodéfense. Mais le dispositif officiel reste encore assez confidentiel aujourd'hui alors que l'initiative privée, elle, a fait nombre d'émules.

Photo : francetvinfo.fr

lundi, mai 6 2013

La mesure statistique des délinquances et de leurs conséquences

histogramme.jpg Les statistiques des délinquances et de leurs conséquences, objet du présent rapport, ont pris une importance considérable dans le débat public. Tour à tour utilisées pour présenter un bilan favorable de l’action des gouvernements ou, au contraire, pour asseoir, à partir de l’état des lieux qu’elles fournissent, une nouvelle politique pénale, elles sont déraisonnablement mises en avant.
La valorisation de ces statistiques, tant par les gouvernants que par les médias, est d’autant plus paradoxale que, comme vos rapporteurs entendent vous le démontrer, ces statistiques n’ont qu’une fiabilité très limitée et ne permettent nullement de mesurer finement les délinquances.
Ceci est d’autant plus vrai que c’est généralement un « chiffre unique » qui sert de fondement à la communication et au débat. Or, ce chiffre, qui résulte de l’agrégation grossière de données éparses, n’est porteur d’aucune réalité. Fabriqué de toutes pièces à des fins de communication politique, il ne peut que faire reculer le niveau du débat public, alors même que la connaissance de la réalité des délinquances est, par nature, susceptible d’éclairer les acteurs publics autant que les observateurs de la réalité sociétale.

Illustration : statistix.fr