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lundi, février 21 2011

Victoire des chercheurs dans l'Opinion Gate

Photo_sondage_Emmanuel_Gadenne_sur_flickr.jpgDans un jugement du 16 février 2011 qui fera date pour la liberté de la recherche et de la presse, le Tribunal de Grande Instance de Paris vient de débouter Patrick Buisson, conseiller de Nicolas Sarkozy, de son action en diffamation contre Alain Garrigou, Professeur de science politique à l'Université Paris Ouest - La Défense (Paris X) qui avait déclaré dans un entretien à Libération, à propos du conseiller (et des finances) de l'Élysée : « Soit c'est un escroc, soit c'est un petit soldat qui constitue un trésor de guerre... ».
Cet échange entre Lilian Alemagna, journaliste à Libération et Alain Garrigou, chercheur spécialiste des sondages d'opinion, publié le 6 novembre 2009, avait été attaqué en diffamation quelques jours après par le conseiller élyséen et, quelques jours plus tard, l'Élysée bloquait toute possibilité de commission d'enquête parlementaire sur cette partie là de ses finances.

mercredi, janvier 12 2011

Le Conseil d'Etat réintègre Jean-Hugues Matelly dans la gendarmerie

Logo_gendarmerie_nationale.jpgDans sa Décision n° 338461 du 12 janvier 2010, le Conseil d'Etat vient d'annuler la sanction gravissime (radiation des cadres) décrétée par le Président de la République le 12 mars 2010 et il enjoint au ministre de la défense de réintégrer cet officier dans son corps d’origine. Dans le détail, le Conseil d’État juge que M. Matelly « a effectivement manqué à ses obligations en faisant état dans les médias de son opposition à la politique de réorganisation de la police et de la gendarmerie, au moment même où cette politique était en débat devant le Parlement ». Pour autant, le Conseil d’État considère que « la sanction était disproportionnée au regard de la faute ainsi commise ». Il estime que « les propos qu’il a tenus fin 2009 constituaient une critique de fond, sous la forme d’une défense de la gendarmerie, formulée en termes mesurés et sans caractère polémique ». Il ajoute que « l’excellente manière de servir de l’intéressé était attestée par les notations produites au dossier. Dans ces conditions, en faisant le choix de la mesure la plus lourde, équivalente à un licenciement, alors qu’elle disposait d’un éventail de sanctions large, l’administration a prononcé à l’encontre de cet officier de gendarmerie une sanction manifestement excessive ».
Dans un communiqué, le directeur général de la gendarmerie a déclaré prendre acte de la décision du Conseil d'Etat mais a également annoncé qu'une nouvelle procédure disciplinaire sera engagée, évoquant à la suite du Conseil d'État, la sanction suivante en ordre décroissant de gravité : un « retrait d'emploi allant jusqu'à douze mois ». Jean-Hugues Matelly n'en a donc pas fini avec les procédures. Il lui faudra encore bien du courage.