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lundi, mai 5 2014

Réforme pénale, en finir avec l’impuissance répressive

peur.jpgPlus que tout autre, le débat public en matière de délinquance et de réponse pénale se trouve aujourd’hui enfermé dans des schémas de pensée extrêmement réducteurs qui nuisent à la discussion rationnelle et, in fine, à la délibération démocratique. Quinze ans d’une logique répressive sécuritaire de plus en plus débridée ont abouti à un système pénal où l’insécurité juridique le dispute à l’accroissement démesuré de l’emprise du pouvoir répressif sur le citoyen. Pourtant, toute tentative, fut-ce la plus modérée, de revenir sur cette tendance se trouve immédiatement brocardée dans les médias comme l’expression d’un angélisme bon teint, voire comme la marque d’un insupportable laxisme.
À l’heure où s’ouvre enfin au Parlement le vaste chantier de la réforme pénale, il est donc fondamental de rappeler quelques vérités indispensables à la tenue d’un débat public un tant soit peu raisonné. Car celui-ci n’oppose pas – et n’a jamais opposé – les tenants de la répression à ceux de la prévention ou, pour reprendre un lieu commun médiatique particulièrement éculé, ceux du réalisme à ceux du laxisme. En réalité, la dialectique se joue entre deux philosophies pénales et, par suite, entre deux modèles répressifs antagonistes. Autrement dit, l’enjeu est de savoir si nous voulons vraiment que notre pays rompe avec l’autoritarisme répressif bonapartiste pour se doter d’un système pénal digne d’une grande démocratie moderne et conforme aux engagements européens de la France.

Illustration : lillablog.over-blog.com

mardi, janvier 18 2011

La LOPPSI 2 ou l'irrésistible ascension de l'Etat surveillant (CECIL)

Logo_de_la_Republique.pngLa LOPPSI 2 vient d’occuper les débats à l’Assemblée Nationale. Ce projet de loi définissant les objectifs prioritaires du gouvernement de 2009 à 2013 en matière de lutte contre « l’insécurité », arrive au terme de son parcours législatif, et il laisse augurer de sombres heures pour les libertés publiques. Après avoir été examiné en deuxième lecture par les députés, du 14 au 21 décembre 2010, le texte repasse devant les sénateurs à partir du 18 janvier 2011. Les députés l’avaient déjà adopté en première lecture. Quant aux sénateurs, ils l’ont de prime abord rejeté en raison de certains amendements procédant, selon une majorité d’entre eux, d’une « surenchère sécuritaire », avant de l’adopter finalement en septembre 2010.
Sorte de fourre-tout législatif cumulant des mesures pour beaucoup d’entre elles annoncées suite à des faits divers médiatisés, la LOPPSI 2 prétend offrir aux français « la sécurité partout, pour tous » et « renforcer la tranquillité nationale ». Ce qu’elle offre surtout, c’est un pouvoir incommensurable à la police et à la justice, mettant en péril les équilibres démocratiques de notre société au nom de la lutte contre une série de fléaux hétéroclites et curieusement amalgamés, parmi lesquels « la délinquance » (mais pas la délinquance financière), « la cybercriminalité », « l’insécurité routière », « la pédopornographie ».