Keyword - Maintien de l ordre

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mardi, juin 21 2016

La manifestation du 14 juin 2016 : un maintien de l’ordre très politique ?

Photo_manif_du_14_juin_2016_hopital_Necker.jpgLe premier résultat au moins objectif de l’ensemble de la manœuvre est assez indiscutable : c’est ce dispositif policier, consistant à enfermer dans une nasse plusieurs dizaines de milliers de manifestants, qui produit au sein du cortège une coupure qui n’existait pas auparavant, qui instaure manu militari une distinction entre « casseurs » et « manifestants » que l’on ne pouvait pas percevoir avant la mise en action du dispositif – et à laquelle, dans le déroulement même de la manœuvre, les manifestants ont essayé de résister : les plus déterminés, en appelant les autres manifestants à combler les trous et à les rejoindre dès que le cortège se rompait ; et ceux-ci, en essayant effectivement de traverser le carrefour de la rue de Sèvres pour reformer la continuité du cortège chaque fois que c’était possible. Devant l’hôpital Necker, on assistait en quelque sorte en direct, et en actes, à la construction policière de la distinction entre casseurs et manifestants. En cela, ce n’était pas une opération de maintien de l’ordre public.

mercredi, novembre 5 2014

Les violences policières augmentent-elles en France ?

manif_sivens.jpgLe décès de Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive, l’usage abusif et en forte augmentation des « armes non-létales » (pistolet Taser ou Flash-ball) dénoncé par le Défenseur des droits dans son rapport, ont ramené sur le devant de la scène médiatique cette question politiquement sensible. Il est vrai que la justice semble ne plus fonctionner quand les forces de l’ordre sont en cause : réticence à poursuivre les responsables, circonstances du « drame » maintenues opaques, procédure lente et souvent à charge contre les victimes qui aboutit généralement à une ordonnance de non-lieu, à un classement sans suite ou à une relaxe (pour la plupart des affaires), à une peine de prison avec sursis ou, fait rarissime, à une peine de prison ferme. Seules 5 % des affaires recensées ont conduit à cette dernière option. Le déséquilibre est frappant : rappelons que le meurtre d’une personne dépositaire de l’autorité publique est passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Si le traitement pénal semble invariablement favoriser les policiers face à leurs victimes, quel que soit le gouvernement en place, en revanche leurs « passages à l’acte » redoublent d’intensité sous les législatures de droite.

Photo : rtl.fr

jeudi, novembre 11 2010

Maintien de l'ordre ou grave entrave au droit de manifester ?

Image_GIPN_Lyon_21_octobre_2.jpg Que s'est-il passé exactement à Lyon le 21 octobre, lors de la journée de manifestation sur les retraites ?
On le sait, la journée du 18 avait été le théâtre de scène de pillage par les "casseurs". Le surlendemain (20 octobre), le ministre de l'Intérieur était venu (avec un parterre de journalistes) assurer que force resterait à la loi. Du coup, la manifestation du 21 octobre, a fait l'objet d'un déploiement de forces policières proprement inouï. Sous le regard aérien permanent d'un hélicoptère, des milliers de policiers et de gendarmes, en tenue et en civil, ont été déployés toute la journée, avec moultes gaz et flash-ball, appuyés par des camions "anti-émeutes" équipés de canons à eau. Au milieu d'eux, les manifestants pouvaient même apercevoir les hommes du GIPN cagoulés et armés de fusils à pompe (des unités d'assaut créées pour lutter contre les opérations terroristes type prises d'otages). A quoi rime un tel déploiement de force ? Bien sûr, officiellement il s'agissait de lutter contre les "casseurs". Mais les témoignages s'accumulent pour dire que les forces de de l'ordre ont exercé ce jour là un niveau de répression totalement disproportionné, commettant des entraves graves au droit de manifester. L'épisode le plus connu est la "garde à vue en plein air" de quelques 500 personnes pendant plus de 5 heures. Et il faudrait apparemment ajouter des contrôles sans fondement, un fichage dont on ignore la base légale, des gazages et matraquages non nécessaires, voire des tirs de flash-ball.
Devant ces faits, un collectif s'est créé à Lyon (collectifs69@orange.fr), comprenant 39 partis, syndicats et associations engagés contre la réforme des retraites, ils lancent un appel à témoignage en vu d'une plainte collective en justice et annonce un meeting le 24 novembre.