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mercredi, avril 17 2019

L'Observatoire des pratiques policières de Toulouse critique sévèrement le maintien de l'ordre

Samedi_13_avril_a_Toulouse_22e_samedi_de_mobilisation_des_gilets_jaunes.jpgCe rapport s’adresse aux médias, aux autorités publiques et aux forces de l’ordre elles mêmes. Nous sommes profondément persuadé-e-s que ces structures mixtes que sont les Observatoires citoyens sont des pierres essentielles à nos démocraties pour lutter contre les abus et le non-droit. Observer, enquêter, dire, décrire, nommer, toutes choses qui ont constitué le quotidien de notre travail d’enquête, sont des pratiques longues et fastidieuses. Les citoyenne- s devenu-e-s observateur-e-s qui ont réalisé ce travail, qu’ils et elles soient enseignant-e-s, avocat-e-s, chercheur-e-s, retraité-e-s, artistes, étudiant-e-s, cadres, employé-e-s…, ont cette énergie commune : dire et montrer, pour améliorer nos fonctionnements collectifs. Tout abus contre les citoyen-ne-s — et nous en pointons un certain nombre dans ce rapport — est une attaque contre la démocratie.

Photo : francetvinfo.fr

mardi, février 5 2019

Les LBD, militarisation et brutalisation du maintien de l'ordre

Police_LBD_manifestation_gilets_jaunes.jpgLa blessure à l’œil du leader des gilets jaunes, Jérôme Rodriguez, a mis en exergue le rôle des armes dites « non létales » telles que les lanceurs de balles en caoutchouc et les grenades utilisées pour le contrôle de la foule. À travers elles se pose la question de la notion même d’armes non létales. Un concept apparu dans le domaine militaire au début des années 1990 et qui a donné une nouvelle jeunesse aux munitions en caoutchouc.
D’abord réticentes à l’utilisation de ce type d’armes en France, les forces de l’ordre vont se convertir à leur usage sous l’impulsion des hommes politiques. En 1995, Claude Guéant les introduit au sein de la police nationale. Nicolas Sarkozy prône leur usage en 2002 pour « impressionner les voyous ». A partir des émeutes de 2005, leur utilisation se répand.

Photo : la-croix.com

mardi, décembre 18 2018

Le mouvement des « gilets jaunes » est-il vraiment terminé ?

Gilets_jaunes_Champs_Elysees.jpgDès avant le samedi 15 décembre, beaucoup de commentateurs annonçaient la fin prochaine du mouvement des « gilets jaunes », certains semblant surtout l’espérer. Or, si l’on constate en effet une forte baisse du nombre des manifestants à Paris, il est douteux d’une part que le mouvement soit terminé en province, d’autre part que ce soient les annonces du président de la République qui aient vraiment apaisé la colère des manifestants. La répression policière ainsi que l'épuisement de l'occupation des ronds-points jouent plus sûrement. Mais le mouvement pourrait aussi renaître dans les semaines et les mois à venir sous d'autres formes.

mardi, décembre 4 2018

Deux ou trois choses dont je suis presque certain à propos des « gilets jaunes »

Gilet_jaune_sur_un_rond_point.jpgPlutôt que de se précipiter pour mettre des mots d’allure savante sur des choses mal connues, ou pour fournir des interprétations toutes faites informant davantage sur les représentations de leurs auteurs que sur la réalité qu’ils prétendent éclairer, on souhaite ici partager simplement quelques enseignements tirés d’une expérience de sociologue ayant, dans un passé récent, travaillé sur diverses formes de violences sociales et politiques (notamment les émeutes), ainsi que sur les stratégies sécuritaires (notamment le maintien de l’ordre) déployées à leur encontre par les pouvoirs publics.

Photo : theconversation.com

mardi, juin 21 2016

La manifestation du 14 juin 2016 : un maintien de l’ordre très politique ?

Photo_manif_du_14_juin_2016_hopital_Necker.jpgLe premier résultat au moins objectif de l’ensemble de la manœuvre est assez indiscutable : c’est ce dispositif policier, consistant à enfermer dans une nasse plusieurs dizaines de milliers de manifestants, qui produit au sein du cortège une coupure qui n’existait pas auparavant, qui instaure manu militari une distinction entre « casseurs » et « manifestants » que l’on ne pouvait pas percevoir avant la mise en action du dispositif – et à laquelle, dans le déroulement même de la manœuvre, les manifestants ont essayé de résister : les plus déterminés, en appelant les autres manifestants à combler les trous et à les rejoindre dès que le cortège se rompait ; et ceux-ci, en essayant effectivement de traverser le carrefour de la rue de Sèvres pour reformer la continuité du cortège chaque fois que c’était possible. Devant l’hôpital Necker, on assistait en quelque sorte en direct, et en actes, à la construction policière de la distinction entre casseurs et manifestants. En cela, ce n’était pas une opération de maintien de l’ordre public.

mercredi, novembre 5 2014

Les violences policières augmentent-elles en France ?

manif_sivens.jpgLe décès de Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive, l’usage abusif et en forte augmentation des « armes non-létales » (pistolet Taser ou Flash-ball) dénoncé par le Défenseur des droits dans son rapport, ont ramené sur le devant de la scène médiatique cette question politiquement sensible. Il est vrai que la justice semble ne plus fonctionner quand les forces de l’ordre sont en cause : réticence à poursuivre les responsables, circonstances du « drame » maintenues opaques, procédure lente et souvent à charge contre les victimes qui aboutit généralement à une ordonnance de non-lieu, à un classement sans suite ou à une relaxe (pour la plupart des affaires), à une peine de prison avec sursis ou, fait rarissime, à une peine de prison ferme. Seules 5 % des affaires recensées ont conduit à cette dernière option. Le déséquilibre est frappant : rappelons que le meurtre d’une personne dépositaire de l’autorité publique est passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Si le traitement pénal semble invariablement favoriser les policiers face à leurs victimes, quel que soit le gouvernement en place, en revanche leurs « passages à l’acte » redoublent d’intensité sous les législatures de droite.

Photo : rtl.fr

jeudi, novembre 11 2010

Maintien de l'ordre ou grave entrave au droit de manifester ?

Image_GIPN_Lyon_21_octobre_2.jpg Que s'est-il passé exactement à Lyon le 21 octobre, lors de la journée de manifestation sur les retraites ?
On le sait, la journée du 18 avait été le théâtre de scène de pillage par les "casseurs". Le surlendemain (20 octobre), le ministre de l'Intérieur était venu (avec un parterre de journalistes) assurer que force resterait à la loi. Du coup, la manifestation du 21 octobre, a fait l'objet d'un déploiement de forces policières proprement inouï. Sous le regard aérien permanent d'un hélicoptère, des milliers de policiers et de gendarmes, en tenue et en civil, ont été déployés toute la journée, avec moultes gaz et flash-ball, appuyés par des camions "anti-émeutes" équipés de canons à eau. Au milieu d'eux, les manifestants pouvaient même apercevoir les hommes du GIPN cagoulés et armés de fusils à pompe (des unités d'assaut créées pour lutter contre les opérations terroristes type prises d'otages). A quoi rime un tel déploiement de force ? Bien sûr, officiellement il s'agissait de lutter contre les "casseurs". Mais les témoignages s'accumulent pour dire que les forces de de l'ordre ont exercé ce jour là un niveau de répression totalement disproportionné, commettant des entraves graves au droit de manifester. L'épisode le plus connu est la "garde à vue en plein air" de quelques 500 personnes pendant plus de 5 heures. Et il faudrait apparemment ajouter des contrôles sans fondement, un fichage dont on ignore la base légale, des gazages et matraquages non nécessaires, voire des tirs de flash-ball.
Devant ces faits, un collectif s'est créé à Lyon (collectifs69@orange.fr), comprenant 39 partis, syndicats et associations engagés contre la réforme des retraites, ils lancent un appel à témoignage en vu d'une plainte collective en justice et annonce un meeting le 24 novembre.