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vendredi, juin 20 2014

Première enquête sur la victimation et le sentiment d'insécurité à Marseille

Vue_de_marseille_Capital.fr.jpgC'était ce mardi 17 juin, dans l'amphithéâtre de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme. L'Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux présentait les résultats de la première enquête sur la victimation et le sentiment d'insécurité jamais réalisée sur la ville de Marseille. Durant les premiers mois de l'année 2014, les télé-enquêteurs formés par l'ORDCS ont interrogé 3 000 habitants de la ville d'une part sur les victimations éventuellement subies durant les années 2012 et 2013, d'autre part sur leurs opinions, leurs peurs et leur éventuel sentiment d'insécurité.
Côté faits, cette enquête innove en ajoutant les discriminations et les violences institutionnelles à la liste des victimations interrogées. Côté représentations, elle innove également en interrogeant les opinions sur les politiques de sécurité et non simplement sur leurs peurs et leurs représentations de "l'insécurité".
Au final, les chercheurs dressent le portrait d'une ville "normale" en ce sens où les résultats enregistrés ne diffèrent pas particulièrement de ceux obtenus dans les enquêtes réalisées les années précédentes dans la région, ni de ceux obtenus par les autres équipes de chercheurs en région parisienne. Une fois encore, la réalité marseillaise semble très éloignée de l'épouvantail politico-médiatique en faisant "la ville la plus dangereuse de France".

Photo : capital.fr

jeudi, mai 8 2014

Le placement sous surveillance électronique : espace et visibilité du châtiment virtuel

bracelet_electronique_2.jpgNous partirons de trois constats qui caractérisent la surveillance électronique des prisonniers : l’automatisation du repérage de l’écart à la norme, l’invisibilité des protagonistes comme situation dominante, puisqu’au quotidien, c’est avec le pôle de surveillance que le condamné est amené à être en contact, et enfin, le formatage informationnel inhérent à l’usage d’un dispositif technologique. Nous chercherons à comprendre le type de relation existant entre l’individu placé sous surveillance électronique et l’institution qui le sanctionne en étant attentifs à la question de gestion de l’espace de la peine. Dès les premières recherches sur le placement électronique des condamnés, Froment parle de déterritorialisation de la sanction pénale. À partir de ces travaux, nous ferons l’hypothèse suivante : le mouvement de déterritorialisation est conduit, dans la pratique, par la dématérialisation des aspects les plus tangibles du modèle de l’institution carcérale et leur rematérialisation par la trace numérique, dont la circulation est rendue possible grâce à l’installation du dispositif de surveillance au domicile du condamné et sur son corps.

Photo : ladepeche.fr

lundi, février 24 2014

Victimation et sentiment d'insécurité sur un campus universitaire (Luminy, Marseille)

luminy.jpgCette recherche de l’Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux (ORDCS) constitue à notre connaissance le seul diagnostic de sécurité réalisé sur un campus universitaire en France par une équipe de chercheurs en sciences sociales.
Aix-Marseille Université est aujourd’hui une des plus jeunes universités de France, c’est aussi la plus grande au regard du nombre de ses étudiants, de ses personnels et de par son budget. Quant au campus de Luminy, qu’ils soient étudiants, enseignants chercheurs, chercheurs ou personnels administratifs et techniques, on compte 14 000 personnes susceptibles d’être présents sur le site quotidiennement.
Nous avons privilégié une double approche, à la fois quantitative et qualitative. La première partie de notre enquête a consisté en la passation d’un questionnaire à un échantillon représentatif d'usagers de tout type travaillant au sein des différentes composantes du campus. L’enquête a été passée auprès de 409 personnels et 529 étudiants, soit 938 personnes fréquentant quotidiennement le campus.
Parallèlement à l'enquête par questionnaire, nous avons effectué une enquête de terrain, durant deux mois, par entretiens individuels et observations in situ.

Photo : ueeh.net

jeudi, février 20 2014

Prévention spécialisée et prévention de la délinquance : liens, obstacles et enjeux

prevention_specialisee.jpgLa loi du 5 mars 2007 sur la prévention de la délinquance a semé le trouble parmi les professionnels de l’action éducative. Fortement mobilisés pour faire entendre leurs réticences à l’énoncé des premières moutures du projet de loi, leur sentiment était que la prévention spécialisée, missionnée pour œuvrer dans le champ de la protection de l’enfance, se situait à peu près à l’opposé de la sensibilité éthique et politique traduite dans les articles de la future loi de 2007. Les premiers entretiens réalisés auprès des éducateurs et des cadres de l’Addap13 d’une part et le vent mauvais qui a soufflé sur des associations de prévention spécialisée dans certains départements durant la durée de l’étude d’autre part, ont renforcé le sentiment des sociologues que leur travail portait sur une pratique professionnelle inquiète pour son avenir.
Les chercheurs se sont fixés trois objectifs : 1) déterminer en quoi et comment les pratiques, les postures et les outils mis en œuvre par les éducateurs auprès de leurs publics peuvent-ils permettre de prévenir les passages à l’acte délinquant ou leur réitération ? 2) comment des professionnels qui doivent traiter les phénomènes d’inadaptation sociale de jeunes dans le cadre institutionnel de la protection de l’enfance peuvent-ils contribuer à la prévention de la délinquance ? 3) quelle place les dispositifs locaux de prévention de la délinquance ou plus globalement les politiques locales de sécurité accordent-elles à la prévention spécialisée ? Et, symétriquement, quelle part la prévention spécialisée entend-elle y prendre ?

Photo : lesmetiers.net

vendredi, février 24 2012

Délinquances, chômage des jeunes et inégalités de revenus en région PACA

Carte_PACA_2.jpgCette étude constitue le premier grand travail statistique réalisé par l’Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux (ORDCS) sur la région PACA, à partir des chiffres de la police et de la gendarmerie.
Dans une première partie, les auteurs expliquent longuement les précautions méthodologiques indispensables à l’utilisation de ces données administratives, signalant au passage les critiques qui peuvent être adressées aux organismes utilisant couramment ces statistiques (notamment l'ONDRP). Ils expliquent, dans une seconde partie, la sélection qu’ils ont réalisée parmi les index de cette statistique administrative, ainsi que les regroupements qu’ils ont opérés pour construire de nouveaux indicateurs de délinquances. Les auteurs présentent ensuite un travail inédit de calcul de taux tenant compte non seulement de la population résidente sur les territoires mais aussi des flux touristiques. Ces calculs conduisent à des changements notables dans l’évaluation des niveaux de délinquances sur les territoires. Dans une troisième partie, les auteurs développent une analyse cartographique et statistique poussée afin de rechercher les relations significatives existant entre, d’une part les indicateurs de délinquance et d’autre part les variables de contextes démographique et socio-économique. Ils mettent ainsi en évidence l’importance de plusieurs variables au premier rang desquelles le taux de chômage, en particulier celui des jeunes. Ils formulent enfin une hypothèse de corrélation entre certains types de délinquance et l’ampleur des inégalités de revenus.

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