Photo_salle_de_cours_par_CarynNL_sur_flickr.jpgCe n’est pas un scoop : les sciences économiques et sociales (SES) enseignées en filière ES au lycée dérangent le pouvoir politique en place. Et celui-ci semble bien parti pour les délester de ce qui faisait leur intérêt depuis leur création en 1967. Le coup terrible est porté par les nouveaux programmes qui, de la 2nde à la terminale, de l’aveu même du président de l’UNI, permettront aux « lycéens français à la rentrée 2012 », d’étudier « des SES allégées en Marx et débarrassées des "bourdieuseries" superflues ». Et de fait toute référence à l’histoire de la pensée ou des faits économiques et sociaux disparaît, ainsi que les notions de lutte des classes, de bipolarisation de la société, de syndicats, de rapports sociaux, de reproduction sociale et de capital culturel... Inutile d’être un spécialiste pour y déceler une liquidation de l’enseignement de la question sociale, voire de la question politique. Sous la pression de lobbies issus du monde de l’entreprise, le projet de « refondation » des SES est en train de s’achever. Malgré la ferme opposition de nombre d’enseignants de la discipline, d’organisations syndicales, d’associations disciplinaires et de chercheurs du supérieur.