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samedi, mars 28 2015

Une évaluation scientifique indépendante des Zones de Sécurité Prioritaires (ZSP)

CRS_dans_la_rue.jpgA la demande de la Préfecture de police de Marseille, une équipe de chercheurs de l'Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux (ORDCS) a évalué localement la politique des Zones de Sécurité Prioritaires (ZSP).
Nous nous sommes concentrés dans cette étude sur les évolutions produites par la « méthode globale », cette politique publique mise en place en 2012 avec la création des Zones de Sécurité Prioritaires. Notre enquête évaluative a été réalisée sur deux terrains marseillais : la cité du Clos la Rose dans le 13 ème arrondissement et la cité La Sauvagère dans le 10ème. Notre analyse s’appuie sur des données socio-historiques, sur l’opinion des acteurs institutionnels et des populations résidant sur ces territoires ainsi que sur des données émanant des services de police. Nous avons également voulu questionner la participation citoyenne à la gestion politique locale et spécialement les conditions de leur contribution aux questions de sécurité publique. Il ressort que le bilan des Zones de Sécurité Prioritaires est pour le moins mitigé. Premier constat : le trafic de stupéfiant, point central dans l’approche globale, est un phénomène qui n’a jamais été durablement stoppé. Il a pu momentanément s’arrêter et il a pu se déplacer. Mais, dans les deux cas étudiés, il persiste.

Photo : lesinrocks.com

vendredi, juillet 25 2014

Le diagnostic local de sécurité : enquête de victimation et travail de terrain

aubagne.jpgDeux villes formant une intercommunalité ont demandé à l’Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux (ORDCS) de réaliser un diagnostic local de sécurité, en garantissant aux chercheurs les deux conditions d’indépendance totale et de durée d’enquête longue sans lesquelles il n’y a pas de travail à caractère scientifique possible.
Ce diagnostic a consisté d’abord dans la réalisation d’une enquête locale sur la victimation et le sentiment d’insécurité, d’autre part dans un travail de terrain. Enfin, nous avons bien entendu recueilli les données quantitatives et les analyses qualitatives de la police nationale. Mais cette dernière partie, qui constitue l'essentiel des diagnostics que fournissent les cabinets privés (à coups de jolis « camemberts » en couleur remplissant parfois des pages entières), ne sera pour nous qu'un élément parmi d’autres, intégrés à la partie sur l’enquête de terrain. Les institutions pénales (police et justice) ont en effet de grandes difficultés à saisir ce qui est l'essentiel des problèmes et/ou des peurs des habitants, à savoir non pas la moyenne ou la grande délinquance mais au contraire la plus petite, ce que l'on appelle généralement les « incivilités » . C'est pourquoi un diagnostic digne de ce nom ne devrait jamais se contenter (ni même consacrer l'essentiel de son énergie) des données statistiques produites par les institutions pénales.

Photo : agglo-paysdaubagne.com

samedi, décembre 11 2010

Parti socialiste : de belles avancées et encore un blocage sur les questions de sécurité

logo_PS.png Le « Pacte national de protection et de sécurité publique » rendu public par le Parti socialiste le 17 novembre dernier n’a pas été remarqué autant qu’il le mérite, probablement en raison de la « guerre des chefs » qui continue logiquement de ternir l’image du PS. Rien ne dit du reste que ce texte entrera dans l’histoire tant cette querelle des égos menace à tout moment de ruiner les efforts de réflexion collective antérieurs et de déterminer les responsabilités des hommes et des femmes politiques en fonction de leurs allégeances plutôt que de leurs compétences. Et pourtant, ce texte constitue une avancée indéniable et importante dans la réflexion interne à ce parti, en même temps qu'il trahit la persistance d'une posture particulièrement répressive s'agissant en particulier des mineurs et de leur traitement judiciaire. Les deux articles que nous publions ici s'efforcent d'expliciter ces deux aspects.

mardi, juillet 27 2010

Pourquoi les partenariats locaux ne marchent pas bien (ou le double discours de l'Etat)

Le ministre de l'Intérieur a adressé une circulaire aux préfets le 22 juillet 2010 leur demandant de surveiller les dispositifs de prévention de la délinquance mis en œuvre par les maires (des communes de plus de 10 000 habitants), conformément à la loi du 5 mars 2007. Or, quelques jours auparavant, le Président de la République avait de son côté convoqué les préfets pour leur demander de s'impliquer dans la lutte contre la délinquance "24h sur 24, 7 jours sur 7", ajoutant même : "je veux vous voir la nuit dehors avec les troupes, avec les gendarmes, avec les policiers, et puis régulièrement !". Ceci nous permet de comprendre que la mainmise de l'Etat est précisément l'une des principales raisons pour lesquelles les élus locaux ont du mal à s'affirmer. On a déjà traité ici le problème de la vidéosurveillance. Voyons à présent pourquoi les partenariats locaux ne fonctionnent pas bien, en partant d'un article récent de Virginie Gautron (Université de Nantes), qui retrouve des constats plus anciens, constats que nous faisons également dans des observations réalisées en 2010 sur quatre communes.