Keyword - Police municipale

Fil des billets

lundi, novembre 7 2016

De la vidéosurveillance à la vidéoverbalisation : une évolution majeure

panneau_videoverbalisation_marseille.jpgA quoi sert la vidéosurveillance de l’espace public, c’est-à-dire des rues de nos villes ? Dans un précédent article, nous avons étudié le cas d’une petite ville, dans une démarche de type ethnographique, décrivant de l’intérieur le fonctionnement du Centre de supervision urbaine (CSU). Au final, la vidéosurveillance était apparue essentiellement comme un outil de gestion urbaine de proximité n’ayant que peu de rapport avec la politique locale de sécurité et de prévention. Lorsqu’il s’agissait d’évaluer sa contribution à la lutte contre la délinquance proprement dite, nous nous étions toutefois heurté à l’impossibilité de mesurer précisément le rôle des images enregistrées dans la résolution des affaires. A l’occasion d’une recherche menée cette fois-ci dans une grande ville, nous pouvons proposer d’aller plus loin dans l’analyse du volet répressif. On découvre alors que le principal usage de la vidéosurveillance est en réalité désormais la vidéoverbalisation. Cet usage est autant massif que dissimulé car politiquement peu correct.

  • Demander une copie de cet article en écrivant à l'auteur : mucchielli (at) mmsh.univ-aix.fr

Photo : video-verbalisation.fr

samedi, septembre 20 2014

A quoi servent les « voisins vigilants » ?

voisins_vigilants.jpgLe phénomène prend une ampleur considérable en France, sur le modèle anglo-saxon du Neighbourhood Watch.
Les pancartes, œil stylisé sur fond jaune, "fleurissent" à l'entrée des communes, ou en autocollants sur les boîtes aux lettres des particuliers qui rejoignent le site voisinsvigilants.org. Il revendique quelque 6 000 communes adhérentes en France (droite et gauche confondues), en moyenne 150 nouveaux adhérents chaque jour et une efficacité redoutable : 40 % de cambriolages en moins, même si les chiffres sont bien difficiles à vérifier.
En juin 2011, Claude Guéant avait diffusé une circulaire incitant les préfets à promouvoir l'opération "participation citoyenne" dans certains départements-pilotes comme les Alpes-Maritimes ou le Haut-Rhin. Mais l'initiative n'avait récolté que peu d'adhésion, suscitant même plutôt de l’hostilité dans certaines régions encore marquées par la délation des temps de guerre.
En septembre 2013, Manuel Valls avait lui aussi "validé" cette "politique partenariale", tout en mettant en garde contre le risque d'autodéfense. Mais le dispositif officiel reste encore assez confidentiel aujourd'hui alors que l'initiative privée, elle, a fait nombre d'émules.

Photo : francetvinfo.fr

vendredi, janvier 17 2014

Pour une évaluation (vraiment) scientifique de la vidéosurveillance

Photo_zigazou76_dome_flickr.jpgDans le débat public, la « vidéoprotection » (désormais VP) est l’objet de deux légendes, qu’il faut préalablement mettre à distance si l’on prétend réaliser une évaluation scientifique. Une légende noire est produite par les opposants de principe qui dénoncent l’arrivée de big brother, une forme de « flicage » attentant gravement aux libertés publiques ainsi qu’à la vie privée. Une légende dorée est produite par les partisans de principe de la VP, qui célèbrent une technologie révolutionnant la lutte contre la délinquance, parce qu’elle permettrait de confronter les dénégations du délinquant à l’irréfutable preuve par l’image.
À distance de ces deux légendes, l’étude scientifique a pour but d’objectiver l’installation, le coût, l’utilisation et l’impact d’un dispositif, s’agissant ici des dispositifs de surveillance par caméras installées sur la voie publique. Au cours de l’année passée, nous avons mené une étude de terrain dans une commune de près de 19 000 habitants de la région Languedoc-Roussillon, qui dispose d’un dispositif de VP particulièrement opérationnel.

Illustration : zigazou76 - flickr - licence cc

jeudi, juin 16 2011

Vers une remunicipalisation de la sécurité ?

Photo_jean-louis_zimmermann_2_flickr.jpgLe débat qui s'ouvre ce 16 juin à Nice à l'occasion des premières « rencontres nationales de la police municipale » a une longue histoire, qu'il n'est pas inutile de rappeler. Sous l'Ancien régime, les villes avaient leurs polices municipales et la Maréchaussée gardait la campagne et les « grands chemins ». La lieutenance de police de Paris, créée par Colbert en 1667, était une exception. La construction de l’État républicain s'est au contraire toujours accompagnée de l'idée d'une « force publique étatique ». La IIIème République commence à l'élaborer. Après Paris, Marseille voit sa police étatisée en 1908. A la même époque, la Préfecture de police de Paris développe des brigades mobiles de police judiciaire (les fameuses « bridages du Tigre ») ainsi qu'une première école professionnelle. Ralenti dans l'entre-deux-guerres, le mouvement reprend sous le régime de Vichy qui crée en avril 1941 la police nationale en étatisant les polices municipales de toutes les villes de plus de 10 000 habitants, et met aussi sur pieds un corps civil de maintien de l'ordre (les groupes mobiles de réserves, qui deviendront les CRS à la Libération). Une loi de 1966 établit enfin l'architecture quasi définitive de la police nationale. La cause semblait donc entendue. Or voici que les polices municipales ont fait un retour remarqué sur la scène publique au cours des deux dernières décennies.

Lire la suite...

vendredi, mars 18 2011

Le Conseil constitutionnel a bien mis un coup d’arrêt à une certaine dérive sécuritaire

Photo_Justice_par_Eric_E._Johnson_sur_flickr.jpg La décision du Conseil constitutionnel en date du 10 mars 2011 mérite que l’on s’y attarde, même si l’on est pas spécialiste de cette juridiction singulière et des débats qu’elle a suscité ces dernières années, notamment quant à sa composition. Cette décision constitue en effet, à certains égards, un coup d’arrêt à la dérive sécuritaire enclenchée en 2002 et accélérée de nouveau après 2007.
Certes, la Conseil a censuré 13 articles de la loi d’orientation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI 2), ce qui est peu dans l’ensemble (142 articles). C’est l’argument quantitatif mis en avant par les thuriféraires de cette loi. Mais la lecture des motivations de la censure (les « considérant ») révèle les principes fondamentaux de la République que le Conseil a jugé bafoués par le pouvoir actuel. C’est à ce titre que la décision est importante.

Lire la suite...

lundi, février 28 2011

Petit bilan de la LOPPSI 2

Photo_voiture_de_police_par_saigneurdeguerre_sur_flickr.jpgLe très controversé projet de loi d’orientation pour la performance de la sécurité intérieure a été entériné le 8 février 2011 par le Parlement. Il introduit des changements majeurs pour les acteurs locaux.
Véritable fourre-tout législatif, le texte final a été considérablement durci lors de la commission mixte paritaire (CMP) du 26 janvier, qui a donné un nouveau tour de vis aux dispositions les plus controversées, comme les peines planchers pour les primodélinquants.
Sans surprise, les collectivités territoriales voient leurs compétences considérablement étendues : augmentation des missions des polices municipales, nouvel encadrement juridique de la vidéosurveillance, rôle dévolu aux collectivités dans la vie des familles. Le texte introduit des changements majeurs pour les acteurs locaux. Lesquels, d’ailleurs, ne dissimulent pas leur scepticisme. Tour d’horizon.

mardi, février 1 2011

L'association des petites villes dénonce le désengagement de l'Etat sur la police

Image_police_municipale.jpg « Alors que le Ministre de l’Intérieur (Brice Hortefeux) vient d’annoncer et de commenter les chiffres de la délinquance de 2010, l’Association des Petites Villes de France, que préside Martin Malvy (Président du Conseil régional Midi-Pyrénées), a publié les résultats d’une consultation des maires des petites villes sur la présence et la mission des polices municipales dans les petites villes. Cette étude permet de mieux connaître l’évolution des effectifs de police nationale ou de gendarmerie dans les territoires ainsi que ceux de la police municipale. Alors que plus de quatre cents élus ont répondu à cette enquête, les résultats démontrent une forte corrélation entre la réduction des effectifs de sécurité de l’Etat et le recrutement des policiers municipaux. Il s’agit là d’un nouvel exemple de transfert de charges insidieux de l’Etat vers les communes, alors même que les attentes de la population en matière de sécurité n’ont pas diminué. Dans ces conditions, l’APVF appelle une nouvelle fois l’Etat à ne pas se défausser de ses compétences régaliennes sur les collectivités en matière de sécurité. Elle demande à l’Etat de mieux assurer l’intégralité des missions que la loi lui confie dans ce domaine. La « coproduction » souhaitable et nécessaire en matière de lutte contre la délinquance et l’insécurité ne doit pas aboutir à la confusion des moyens sur le terrain » (communiqué).