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lundi, novembre 7 2016

De la vidéosurveillance à la vidéoverbalisation : une évolution majeure

panneau_videoverbalisation_marseille.jpgA quoi sert la vidéosurveillance de l’espace public, c’est-à-dire des rues de nos villes ? Dans un précédent article, nous avons étudié le cas d’une petite ville, dans une démarche de type ethnographique, décrivant de l’intérieur le fonctionnement du Centre de supervision urbaine (CSU). Au final, la vidéosurveillance était apparue essentiellement comme un outil de gestion urbaine de proximité n’ayant que peu de rapport avec la politique locale de sécurité et de prévention. Lorsqu’il s’agissait d’évaluer sa contribution à la lutte contre la délinquance proprement dite, nous nous étions toutefois heurté à l’impossibilité de mesurer précisément le rôle des images enregistrées dans la résolution des affaires. A l’occasion d’une recherche menée cette fois-ci dans une grande ville, nous pouvons proposer d’aller plus loin dans l’analyse du volet répressif. On découvre alors que le principal usage de la vidéosurveillance est en réalité désormais la vidéoverbalisation. Cet usage est autant massif que dissimulé car politiquement peu correct.

  • Demander une copie de cet article en écrivant à l'auteur : mucchielli (at) mmsh.univ-aix.fr

Photo : video-verbalisation.fr

vendredi, mai 6 2016

Délinquances, police, justice. Enquêtes à Marseille et en région PACA

couv_DELINQUANCESPOLICE.jpgCe livre propose une synthèse et une sélection de morceaux choisis des recherches réalisées entre 2011 et 2015 au sein de l’Observatoire Régional de la Délinquance et des Contextes Sociaux (ORDCS). Ce programme de recherche original et inédit, a associé pendant cinq ans l’Université d’Aix-Marseille, le CNRS et le conseil régional PACA dans le but de mieux diagnostiquer les problèmes de délinquances et de mieux évaluer les politiques publiques de sécurité et de prévention. Paradoxalement, tous ces sujets d’une actualité brûlante n’avaient jamais été traités de façon un tant soit peu systématique et collective en dehors de la région parisienne.
La Provence en général, et la ville de Marseille en particulier, sont-elles réellement ces « capitales du crime » que les médias présentent souvent ? Au-delà des règlements de compte liés aux trafics de drogues, qu’en est-il de toutes les autres formes de délinquance et en particulier de celles qui impactent le plus la vie quotidienne des habitants ? Quelles types d’enquêtes et de données statistiques permettent de répondre en partie à ces questions ? Comment la police et la justice travaillent-elles sur ces problèmes ? Les Zones de Sécurité Prioritaires et leurs effectifs de police renforcés constituent-elles une réponse efficace à la délinquance ? La justice est-elle « laxiste » comme certains le prétendent ? Toutes ces questions essentielles trouvent ici des réponses scientifiques particulièrement rigoureuses et argumentées.

samedi, septembre 20 2014

A quoi servent les « voisins vigilants » ?

voisins_vigilants.jpgLe phénomène prend une ampleur considérable en France, sur le modèle anglo-saxon du Neighbourhood Watch.
Les pancartes, œil stylisé sur fond jaune, "fleurissent" à l'entrée des communes, ou en autocollants sur les boîtes aux lettres des particuliers qui rejoignent le site voisinsvigilants.org. Il revendique quelque 6 000 communes adhérentes en France (droite et gauche confondues), en moyenne 150 nouveaux adhérents chaque jour et une efficacité redoutable : 40 % de cambriolages en moins, même si les chiffres sont bien difficiles à vérifier.
En juin 2011, Claude Guéant avait diffusé une circulaire incitant les préfets à promouvoir l'opération "participation citoyenne" dans certains départements-pilotes comme les Alpes-Maritimes ou le Haut-Rhin. Mais l'initiative n'avait récolté que peu d'adhésion, suscitant même plutôt de l’hostilité dans certaines régions encore marquées par la délation des temps de guerre.
En septembre 2013, Manuel Valls avait lui aussi "validé" cette "politique partenariale", tout en mettant en garde contre le risque d'autodéfense. Mais le dispositif officiel reste encore assez confidentiel aujourd'hui alors que l'initiative privée, elle, a fait nombre d'émules.

Photo : francetvinfo.fr

mercredi, janvier 29 2014

L’argent et le policier

Claude_gueant_en_garde_a_vue_en_decembre_2013.jpegToutes les polices du monde sont confrontées aux problématiques d’argent dans leur activité professionnelle. Si l’on ose un raccourci sommaire sur l’activité policière, elle tourne autour d’une déviance qui se concentre sur le profit financier illégal, l’usage des stupéfiants et les infractions pulsionnelles : sexe, violence. La plupart des policiers du monde ont donc à traiter des infractions contre les biens et à un moment ou à un autre ils peuvent découvrir, saisir ou garder des valeurs. Régulièrement ces valeurs peuvent revêtir la forme la plus courante : l’argent liquide.
En France, si les forces de sécurité ne sont pas connues pour être particulièrement corrompues, il n’en reste pas moins que le policier peut être amené à manipuler des sommes importantes d’argent liquide.

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dimanche, mars 31 2013

La Cour des comptes, la police et les heures supplémentaires

heures_sup.jpgUn rapport de la Cour des comptes, en date du 18 mars 2013, critique la gestion des dépenses du ministère de l'intérieur, la tendance au dépassement des crédits alloués et l'accumulation de mesures catégorielles néfastes accordées, suite à la réforme des corps et carrières instaurée dans la police en 2004 et au plan similaire mis en place dans la gendarmerie en 2005.
Déjà en 2011, dans un précédent rapport intitulé L'organisation de la gestion des forces de sécurité publique, la cour des comptes pointait du doigt « l'organisation coûteuse du temps de travail des policiers » et prévenait qu'il faudrait prendre des mesures drastiques pour y remédier. Cette fois, les magistrats rappellent que l'objectif fixé par la loi de programmation des finances publiques était de stabiliser les dépenses de l’État et, bien que les services de police et de gendarmerie ont une mission de service particulière, avec leur 240 000 fonctionnaires représentant 11,6% du total des dépenses de rémunération des agents de l’État, ils ne peuvent être exonérés de cette contrainte. Or, de 2006 à 2011, la Cour constate une hausse de plus de 10% des dépenses pour la police et de plus de 5% pour la gendarmerie alors que, dans le même temps, l'ensemble des dépenses de la fonction publique d’État augmentait de « seulement » 4,2%.

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mercredi, mai 25 2011

Marseille cherche policiers désespérément

Photo_Marseille_Marionzetta.jpgLa ville de Marseille s'apprête à tenir lundi 30 mai un Conseil municipal extraordinaire au cours duquel sera débattue à huis clos la question de la sécurité, en présence des élus mais aussi du préfet des Bouches-du-Rhône, du préfet de police et du procureur de la République. En jeu notamment la question de la présence policière dans les rues et le projet d'installation de 1 000 caméras de vidéosurveillance. Il est probable que certains diront que le second répondra à la première, autrement dit que les caméras permettront de garder des yeux là où les policiers ne les ont plus. C'est le credo du gouvernement et d'une partie des élus marseillais, à droite mais aussi à gauche où l'on pratique apparemment une certaine surenchère sur la sécurité. C'est pourtant une croyance que relativisent fortement les recherches (voir notre dossier).
Quoi qu'il en soit, à quelques jours d'intervalle, en ce mois de mai 2011, trois voix sont venues indiquer que la ville de Marseille comptait de moins en moins de policiers.

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lundi, mars 21 2011

La police contre les citoyens ?

Image_voiture_de_police_2.jpgQu’est-ce qu’être policier en France aujourd’hui ? Comment expliquer les tensions entre les policiers et les jeunes, mais aussi les moins jeunes ? Pourquoi ce malaise grandissant au sein de la police ? Pourquoi cette dégradation continue des relations entre polices et population ? Qu'est ce qui se joue réellement autour des chiffres de la délinquance ? Quelles sont les conséquences de la politique du chiffre menée depuis 2002 sur les policiers comme sur les citoyens ? Pourquoi ce refus obstiné de la police de proximité par le pouvoir actuel ? Et d'ailleurs qu'est-ce exactement que la police de proximité ?
Un livre paraît cette semaine qui apporte des réponses fortes, précises et concrètes à ces questions fondamentales. Il est signé Christian MOUHANNA, chercheur au CNRS, grand spécialiste de la sociologie de la police. Fort de 15 années de recherches de terrain sur ces problèmes, dans les banlieues sensibles comme dans les quartiers aisés, il propose une synthèse de son travail et montre comment policiers, élus et citoyens sont entraînés aujourd'hui dans un véritable cercle vicieux qu'il serait urgent de mettre sur la table du débat démocratique.
La démonstration est sereine, elle ne s’inscrit pas dans une logique de dénonciation, mais dans une volonté de compréhension des uns et des autres, conduisant à des remises en question sévères mais fondées. Ajoutons pour finir qu'elle concerne tout autant la gendarmerie, dont le modèle de police de proximité (intégré dans la doctrine de la "surveillance générale") a fait depuis très longtemps ses preuves mais se trouve aujourd'hui progressivement détruit.

vendredi, mars 18 2011

Le Conseil constitutionnel a bien mis un coup d’arrêt à une certaine dérive sécuritaire

Photo_Justice_par_Eric_E._Johnson_sur_flickr.jpg La décision du Conseil constitutionnel en date du 10 mars 2011 mérite que l’on s’y attarde, même si l’on est pas spécialiste de cette juridiction singulière et des débats qu’elle a suscité ces dernières années, notamment quant à sa composition. Cette décision constitue en effet, à certains égards, un coup d’arrêt à la dérive sécuritaire enclenchée en 2002 et accélérée de nouveau après 2007.
Certes, la Conseil a censuré 13 articles de la loi d’orientation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI 2), ce qui est peu dans l’ensemble (142 articles). C’est l’argument quantitatif mis en avant par les thuriféraires de cette loi. Mais la lecture des motivations de la censure (les « considérant ») révèle les principes fondamentaux de la République que le Conseil a jugé bafoués par le pouvoir actuel. C’est à ce titre que la décision est importante.

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jeudi, février 10 2011

Policiers, gendarmes, réservistes et miliciens : l'article 37 quater de la LOPPSI 2

Image_citoyen_volontaire.jpgPour compenser la baisse des effectifs dans la police nationale – conséquence de la réforme générale des politiques publiques (RGPP) – la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, dite LOPPSI 2, en cours d’adoption au parlement, prévoit d’étendre aux citoyens volontaires la réserve civile créée en 2003 pour les retraités de la police nationale. Pour être candidat, il suffira d’être majeur, de nationalité française, et de posséder un casier judiciaire vierge, la sélection se faisant sur dossier. Après une formation sur le tas, ces “réservistes” d’un nouveau type pourront posséder une arme et dresser des PV.
Le syndicat Unité SGP Police-FO se déclare opposé à cette évolution : « ce n’est pas en créant des “miliciens” et en démantelant les CRS que l’on résoudra le problème de la sécurité dans notre pays ». La CGT Police parle également de « milices à l'américaine ».
D’autre part, la LOPPSI 2 étend à la gendarmerie nationale le « service volontaire citoyen » qui existait déjà pour la police nationale. Les “volontaires citoyens” effectueront un travail social.La préfecture de l’Eure en 2010, qui a expérimenté le projet, indique : « Ils seront ainsi amenés à mener des opérations de soutien et de renforcement de l’autorité parentale, à participer à l’accueil et au suivi des victimes, ou à mener des opérations de prévention, de médiation et de pédagogie de la loi dans le cadre de structures scolaires, par exemple. »

mardi, février 1 2011

L'association des petites villes dénonce le désengagement de l'Etat sur la police

Image_police_municipale.jpg « Alors que le Ministre de l’Intérieur (Brice Hortefeux) vient d’annoncer et de commenter les chiffres de la délinquance de 2010, l’Association des Petites Villes de France, que préside Martin Malvy (Président du Conseil régional Midi-Pyrénées), a publié les résultats d’une consultation des maires des petites villes sur la présence et la mission des polices municipales dans les petites villes. Cette étude permet de mieux connaître l’évolution des effectifs de police nationale ou de gendarmerie dans les territoires ainsi que ceux de la police municipale. Alors que plus de quatre cents élus ont répondu à cette enquête, les résultats démontrent une forte corrélation entre la réduction des effectifs de sécurité de l’Etat et le recrutement des policiers municipaux. Il s’agit là d’un nouvel exemple de transfert de charges insidieux de l’Etat vers les communes, alors même que les attentes de la population en matière de sécurité n’ont pas diminué. Dans ces conditions, l’APVF appelle une nouvelle fois l’Etat à ne pas se défausser de ses compétences régaliennes sur les collectivités en matière de sécurité. Elle demande à l’Etat de mieux assurer l’intégralité des missions que la loi lui confie dans ce domaine. La « coproduction » souhaitable et nécessaire en matière de lutte contre la délinquance et l’insécurité ne doit pas aboutir à la confusion des moyens sur le terrain » (communiqué).