Keyword - Politique du chiffre

Fil des billets

mercredi, février 1 2017

Les fossoyeurs de la sécurité intérieure

Claude_gueant.jpgIls voulaient être les redresseurs de tort de la société en œuvrant dans le domaine de la sécurité des Français. Leur réflexion simpliste n’avait d’égal que leur suffisance. Pour lutter contre l’augmentation de la délinquance générale, la solution était simple, il fallait interpeller davantage. Au fil des ans, évidemment, les faits qui sont toujours têtus ont démontré la limite de cette approche béate de la sécurité. Pourtant, pas question d’avouer ses erreurs à l’instar du délinquant récidiviste, si le résultat n’est pas à la hauteur des ambitions ce n’est pas en raison d’une mauvaise stratégie initiée par ces génies de la sécurité, c’est tout simplement la faute d’une magistrature laxiste.
Parmi ces grands penseurs de la sécurité un certain Monsieur GUÉANT s’est fait remarquer par sa rigueur et sa probité au service de l’État.

Lire la suite...

vendredi, février 27 2015

La pernicieuse utilisation politique des préoccupations de sécurité

on_m__aurait_menti.jpgPourtant tout avait si bien commencé après l’élection présidentielle de 2012. Un nouveau sémillant Ministre de l’intérieur prenait place avec pour projet « la fermeté », sans doute pour refouler le vieux complexe de la gauche en matière de gestion des problèmes de sécurité. Pour ce faire, peu de changement à la tête des Institutions Police et Gendarmerie sauf pour les fonctionnaires les plus zélés comme le préfet de police et le directeur général de la police qui, depuis, ont d’ailleurs confirmé leur attachement plus politique que technique à la sécurité. De plus, ceci peut expliquer cela, un célébrissime criminologue de plateau télé réputé proche du Ministre tout en ayant été le conseiller de l’ombre en matière de sécurité du précédent quinquennat, était toujours très présent.

Lire la suite...

mercredi, janvier 29 2014

L’argent et le policier

Claude_gueant_en_garde_a_vue_en_decembre_2013.jpegToutes les polices du monde sont confrontées aux problématiques d’argent dans leur activité professionnelle. Si l’on ose un raccourci sommaire sur l’activité policière, elle tourne autour d’une déviance qui se concentre sur le profit financier illégal, l’usage des stupéfiants et les infractions pulsionnelles : sexe, violence. La plupart des policiers du monde ont donc à traiter des infractions contre les biens et à un moment ou à un autre ils peuvent découvrir, saisir ou garder des valeurs. Régulièrement ces valeurs peuvent revêtir la forme la plus courante : l’argent liquide.
En France, si les forces de sécurité ne sont pas connues pour être particulièrement corrompues, il n’en reste pas moins que le policier peut être amené à manipuler des sommes importantes d’argent liquide.

Lire la suite...

lundi, mars 21 2011

La police contre les citoyens ?

Image_voiture_de_police_2.jpgQu’est-ce qu’être policier en France aujourd’hui ? Comment expliquer les tensions entre les policiers et les jeunes, mais aussi les moins jeunes ? Pourquoi ce malaise grandissant au sein de la police ? Pourquoi cette dégradation continue des relations entre polices et population ? Qu'est ce qui se joue réellement autour des chiffres de la délinquance ? Quelles sont les conséquences de la politique du chiffre menée depuis 2002 sur les policiers comme sur les citoyens ? Pourquoi ce refus obstiné de la police de proximité par le pouvoir actuel ? Et d'ailleurs qu'est-ce exactement que la police de proximité ?
Un livre paraît cette semaine qui apporte des réponses fortes, précises et concrètes à ces questions fondamentales. Il est signé Christian MOUHANNA, chercheur au CNRS, grand spécialiste de la sociologie de la police. Fort de 15 années de recherches de terrain sur ces problèmes, dans les banlieues sensibles comme dans les quartiers aisés, il propose une synthèse de son travail et montre comment policiers, élus et citoyens sont entraînés aujourd'hui dans un véritable cercle vicieux qu'il serait urgent de mettre sur la table du débat démocratique.
La démonstration est sereine, elle ne s’inscrit pas dans une logique de dénonciation, mais dans une volonté de compréhension des uns et des autres, conduisant à des remises en question sévères mais fondées. Ajoutons pour finir qu'elle concerne tout autant la gendarmerie, dont le modèle de police de proximité (intégré dans la doctrine de la "surveillance générale") a fait depuis très longtemps ses preuves mais se trouve aujourd'hui progressivement détruit.