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mercredi, novembre 4 2015

Sarkozy et la sécurité, ou le retour des grandes manipulations

Sarkozy_et_la_securite.jpgNicolas Sarkozy est de retour. L’ancien ministre de l’intérieur, candidat à la primaire à droite pour l’élection de 2017, a présenté le 3 novembre ses propositions en matière de sécurité. Comment faire du neuf avec de l'ancien ? Et comment appliquer les bonnes vieilles recettes démagogiques et les bonnes vieilles manipulation de chiffres ? Il n'y a qu'à l'écouter.
Même chose du côté d'une des principales vitrines du lobby sécuritaire français, créée étrangement 5 jours après l'élection de N. Sarkozy en 2007 : l'Institut pour la Justice (qui serait mieux dénommé Institut contre la Justice puisque tout son fond de commerce réside dans la critique de la justice). Ce dernier se déchaîne évidemment contre Christine Taubira depuis l'arrivée de cette dernière au ministère de la Justice. Ces jours-ci, c'est logiquement le projet de réforme de la justice des mineurs qui est mis en cause. Le discours est connu d'avance : la gauche est forcément laxiste, les juges aussi puisque ce sont tous d'affreux gauchistes, et pendant ce temps-là les mineurs délinquants sont de plus en plus nombreux, de plus en plus violents, dans un sentiment d'impunité qui les rend tout puissants, etcétéra, etcétéra.

Photo : lemonde.fr

mercredi, septembre 23 2015

Le business de la peur : un documentaire salutaire

business_de_la_peur.jpgLa chaîne France 2 a diffusé lundi soir dernier (21 septembre), à 11h du soir et jusqu'à minuit et demi, un numéro du magasine Cash Investigation consacré au « Business de la peur ».
Cette enquête a été réalisée notamment par deux journalistes indépendants, Jean-Marc Manach et Jean-Pierre Canet. L'émission se présente ainsi : « La menace terroriste est devenue une réalité qui inquiète de nombreux Français. Ce climat de peur fait les affaires du secteur de la sécurité, qui pèse aujourd'hui dix milliards d'euros. Cash investigation révèle les dessous de ce business qui a le vent en poupe. Certains industriels sont par exemple prêts à manipuler les statistiques pour faire gonfler leur bénéfices. L'enquête présentée par Elise Lucet montre également les failles de la biométrie, présentée comme la solution miracle. Gros plan également sur les caméras de surveillance, qui ont envahi le paysage urbain. Plus de 40 000 objectifs surveillent les villes de France et, depuis peu, les petites communes rurales. Mais ces caméras sont-elles vraiment efficace ? »
Ce ton étonne à la télévision. L'on est tellement habitué à ces publireportages sur la sécurité.

samedi, septembre 20 2014

A quoi servent les « voisins vigilants » ?

voisins_vigilants.jpgLe phénomène prend une ampleur considérable en France, sur le modèle anglo-saxon du Neighbourhood Watch.
Les pancartes, œil stylisé sur fond jaune, "fleurissent" à l'entrée des communes, ou en autocollants sur les boîtes aux lettres des particuliers qui rejoignent le site voisinsvigilants.org. Il revendique quelque 6 000 communes adhérentes en France (droite et gauche confondues), en moyenne 150 nouveaux adhérents chaque jour et une efficacité redoutable : 40 % de cambriolages en moins, même si les chiffres sont bien difficiles à vérifier.
En juin 2011, Claude Guéant avait diffusé une circulaire incitant les préfets à promouvoir l'opération "participation citoyenne" dans certains départements-pilotes comme les Alpes-Maritimes ou le Haut-Rhin. Mais l'initiative n'avait récolté que peu d'adhésion, suscitant même plutôt de l’hostilité dans certaines régions encore marquées par la délation des temps de guerre.
En septembre 2013, Manuel Valls avait lui aussi "validé" cette "politique partenariale", tout en mettant en garde contre le risque d'autodéfense. Mais le dispositif officiel reste encore assez confidentiel aujourd'hui alors que l'initiative privée, elle, a fait nombre d'émules.

Photo : francetvinfo.fr

jeudi, janvier 23 2014

Criminologie et lobby sécuritaire : une controverse française

criminologie_et_lobby_securitaire.jpgL’existence de la « criminologie » comme discipline universitaire fait l’objet d’une intense controverse en France depuis le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Qui sont les protagonistes de cette querelle ? Quelles conceptions de la science s’affrontent dans cette dispute ? Où et comment doit-on former les professionnels de la prévention, de la sécurité et de la justice ? Quelles recherches et quelles productions statistiques sur la délinquance faut-il encourager ? Les politiques pénales peuvent-elles échapper à la surenchère sécuritaire ? De quelle expertise doivent disposer les pouvoirs publics au niveau national comme au niveau local ?
Laurent Mucchielli est l’un des principaux acteurs de cette controverse. Dans cet ouvrage, il propose d’abord une mise en perspective historique des débats sur la criminologie, qui remontent à la fin du 19ème siècle. Ensuite, il se positionne dans les affrontements actuels. Enfin, il montre qu’au cœur de cette affaire, se déploie l’offensive d’un lobby néoconservateur qui, derrière le paravent de la Science, tente de légitimer sa vision du monde ultra-sécuritaire tout en réalisant de bonnes affaires.