Keyword - Prévention de la délinquance

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samedi, septembre 27 2014

La prévention spécialisée invitée à participer davantage aux CLSPD

logo_CLNAPS.png"Dans le cadre de la nouvelle stratégie nationale de prévention de la délinquance, la priorité étant donnée à des approches de suivi individualisé en direction des jeunes les plus exposés à la délinquance, il apparaît utile et pertinent de s’appuyer sur les équipes de prévention spécialisée", estime le Secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance (SG-CIPD).
Le CNLAPS a participé activement au groupe de travail interministériel qui a rédigé ce document et s'en félicite. Néanmoins il recommande d’être particulièrement vigilant aux changements en cours et à la mise en œuvre de la charte : en effet ces groupes du CLSPD « pourront solliciter un travailleur social pour mener une action et pourront aspirer à un droit de regard » : ceci est un changement car des instances n’ont pas pour objet central l’action sociale. Le secret professionnel reste la règle et la condition d’exercice auprès des jeunes en rupture ; de même que l’intérêt supérieur de l’enfant reste le cœur de l'intervention en protection de l’enfance.

jeudi, février 20 2014

Prévention spécialisée et prévention de la délinquance : liens, obstacles et enjeux

prevention_specialisee.jpgLa loi du 5 mars 2007 sur la prévention de la délinquance a semé le trouble parmi les professionnels de l’action éducative. Fortement mobilisés pour faire entendre leurs réticences à l’énoncé des premières moutures du projet de loi, leur sentiment était que la prévention spécialisée, missionnée pour œuvrer dans le champ de la protection de l’enfance, se situait à peu près à l’opposé de la sensibilité éthique et politique traduite dans les articles de la future loi de 2007. Les premiers entretiens réalisés auprès des éducateurs et des cadres de l’Addap13 d’une part et le vent mauvais qui a soufflé sur des associations de prévention spécialisée dans certains départements durant la durée de l’étude d’autre part, ont renforcé le sentiment des sociologues que leur travail portait sur une pratique professionnelle inquiète pour son avenir.
Les chercheurs se sont fixés trois objectifs : 1) déterminer en quoi et comment les pratiques, les postures et les outils mis en œuvre par les éducateurs auprès de leurs publics peuvent-ils permettre de prévenir les passages à l’acte délinquant ou leur réitération ? 2) comment des professionnels qui doivent traiter les phénomènes d’inadaptation sociale de jeunes dans le cadre institutionnel de la protection de l’enfance peuvent-ils contribuer à la prévention de la délinquance ? 3) quelle place les dispositifs locaux de prévention de la délinquance ou plus globalement les politiques locales de sécurité accordent-elles à la prévention spécialisée ? Et, symétriquement, quelle part la prévention spécialisée entend-elle y prendre ?

Photo : lesmetiers.net

mardi, février 4 2014

FIPD 2014 : 54,6 millions d’euros dont 65 % pour les actions de prévention

Logo_Gazette_des_communes.pngLa circulaire sur le fonds interministériel de prévention de la délinquance pour 2014 a été adressée aux préfets le 28 janvier 2014. En baisse de 3% par rapport à 2013, l’enveloppe globale s’élève cette année à 54,6 millions dont 35 millions d'euros pour la prévention et 19 millions pour la vidéosurveillance. Elle permettra de financer « de manière quasi-exclusive » la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention de la délinquance adoptée par le gouvernement en juillet 2013 et qui se concentre 1) sur la prévention visant les jeunes exposés à la délinquance, 2) sur la prévention des violences faites aux femmes, intrafamiliales et aide aux victimes, 3) sur la tranquillité publique. 75 % de l’enveloppe consacrée à la prévention sociale devra bénéficier aux zones de sécurité prioritaire (ZSP) et territoires « politique de la ville ».

jeudi, février 24 2011

A Boulogne-Billancourt (92), la vidéosurveillance ne sert… à rien

Photo_videosurveillance_par__boris_sur_flickr.jpg « Dans "Paroles aux Français", répondant notamment à une pharmacienne de Nice qui avait été cambriolée quatre fois, le président de la République Nicolas Sarkozy a de nouveau promu le recours aux caméras de vidéosurveillance, en se référant au modèle britannique.
Problème : non seulement la Grande Bretagne a précisément décidé d’enterrer la société de surveillance, mais les caméras de vidéosurveillance de Nice, l’une des plus vidéosurveillées en France, viennent de démontrer leur inefficacité.
Un rapport de la chambre régionale des comptes d’Ile-de-France vient par ailleurs de pointer du doigt la gabegie du recours à la vidéosurveillance : non contente de ne pas réparer les caméras qui ne marchent pas, la mairie de Boulogne-Billancourt n'est pas capable d’expliquer à quoi celles qui marchent servent exactement » (J-M M.).

mardi, février 22 2011

La prévention précoce : entre acquis et controverses

Photo_Jean-Louis_Zimmermann_sur_flickr.jpgCinq ans après la publication controversée de l’expertise collective de l’INSERM sur les troubles de conduite chez l’enfant et l’adolescent, quel bilan peut-on tirer des actions visant à prévenir de façon précoce les risques de vulnérabilité sociale et psychologique ? Certaines études, essentiellement anglo-saxonnes, indiquent que la mise en place de politiques de prévention dès le plus jeune âge, avant que ne surviennent des risques identifiés, serait efficace sur le long terme du point de vue de la santé, de la réussite scolaire, voire des incivilités. Ces politiques permettraient d’éviter des interventions curatives plus coûteuses pour la collectivité et aux résultats parfois incertains. Elles viendraient s’ajouter aux dispositifs de prévention à vocation universaliste (accueil de tous les publics), moins efficients pour les publics les plus fragiles. De nombreux professionnels invitent toutefois à aborder avec précaution la question d’un plus grand ciblage des dispositifs de prévention précoce, voire émettent des réserves sur leur principe même.

vendredi, février 18 2011

Prévention de la délinquance : inquiétude des élus locaux sur le financement 2011

Logo_Gazette_des_communes.pngLa circulaire 2011 sur le montant et la répartition du Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) se fait toujours attendre. Mais, d’ores et déjà, plusieurs fuites inquiètent les élus locaux. Dans un communiqué daté du 14 février, le maire (PS) de Gonesse, Jean-Pierre Blazy, par ailleurs co-président du groupe de travail sur la prévention de la délinquance au Conseil national des villes (CNV), déplore « les décisions budgétaires du gouvernement concernant le financement national de la prévention de la délinquance ». Il dénonce notamment le caractère « disproportionné » des crédits qui seraient prévus pour la vidéosurveillance, au détriment des actions « humaines » de prévention qui ne représenteraient que 14 %.
Selon ses propres informations, les crédits 2011 du FIPD seraient répartis de la façon suivante : « Le FIPD disposerait de 35 millions d’euros, 30 Millions pour la vidéo-protection ; ces crédits seraient gérés directement par le ministère de l’intérieur, non plus par les préfets ; 5 millions pour les actions « humaines » de prévention de la délinquance, soit 14 % du FIPD consacré à la prévention de la délinquance…

mercredi, janvier 26 2011

Le CNV critique à nouveau la politique de prévention de la délinquance

Logo_Gazette_des_communes.pngSous la forme d’une « recommandation » adressée le 20 janvier 2011 à son président, le Premier ministre François Fillon, le Conseil national des villes (CNV) dresse un bilan très critique de l’actuel plan national de prévention de la délinquance.
S’appuyant sur une enquête conduite à l’automne auprès des coordonnateurs locaux de la prévention de la délinquance (voir une précédente chronique), les élus et professionnels de la politique de la ville, réunis au sein du CNV, pointent notamment une « régression dans la gouvernance » et une forte «confusion dans les responsabilités» de l’Etat et des collectivités locales. Les auteurs du document déplorent l’inadéquation du plan gouvernemental aux réalités locales. Autre « sujet de préoccupation » : l’insuffisance des financements alloués aux politiques de prévention.
Parmi ses recommandations, le CNV appelle tout d’abord à une « nécessaire clarification des fondamentaux de la prévention de la délinquance », le plan étant jugé trop centré sur « le traitement de la délinquance » et pas suffisamment sur « la personne même du délinquant dans son contexte et sa globalité ». Le CNV propose ainsi de soutenir les actions de prévention précoce aux « effets bénéfiques » et de favoriser les « sanctions innovantes, simples, compréhensibles et efficaces : rappel à l’ordre, mesure éducative, réparation pénale, indemnisation rapide, ou même des mesures extra-judiciaires, alternatives à la justice ».

lundi, octobre 25 2010

Les responsables locaux fustigent le plan national de prévention de la délinquance

Image_gratuite.jpg Un an après son lancement, en grandes pompes, par le gouvernement, le plan national de prévention de la délinquance et d’aides aux victimes affiche un bilan plus que mitigé. C’est un véritable camouflet qui remonte du terrain par le biais d'une enquête du Conseil national des villes (CNV) réalisée cet été auprès des coordonnateurs du partenariat local de sécurité.
77,3% des coordonnateurs estiment que la gouvernance locale, censée être recentrée sur le maire, n’a pas changé. Pire, ils évoquent « l’impression d’un retour en arrière, d’une perte de sens ». « S’il y a toujours eu des orientations et des priorités nationales – qu’ils ne contestent pas, soulignent les auteurs, leur déclinaison locale s’est en général faite dans la coproduction du fait de la primauté à la réalité de terrain incarnée par le maire et le contexte territorial ». Or, constatent-ils, « depuis les derniers plans, le préfet demanderait au maire de devenir un supplétif de l’Etat afin de permettre la réussite des actions nationales ». Et de déplorer entre autres la « confusion » née du remplacement des contrats locaux de sécurité, par des « stratégies territoriales » qui viseraient surtout « à ce que les plans des villes reprennent les orientations nationales ».
S’agissant des financements, 60,3% des « coordonateurs » interrogés soulignent une baisse ou une diminution de l’enveloppe, qu’il s’agisse du fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) ou des crédits issus du contrat urbain de cohésion sociale. En outre, « la prédominance de la vidéosurveillance, qui a pu atteindre 80% voire 85% des financements FIPD sur un département, réduit d’autant les moyens humains », déplorent-ils.

mardi, juillet 27 2010

Pourquoi les partenariats locaux ne marchent pas bien (ou le double discours de l'Etat)

Le ministre de l'Intérieur a adressé une circulaire aux préfets le 22 juillet 2010 leur demandant de surveiller les dispositifs de prévention de la délinquance mis en œuvre par les maires (des communes de plus de 10 000 habitants), conformément à la loi du 5 mars 2007. Or, quelques jours auparavant, le Président de la République avait de son côté convoqué les préfets pour leur demander de s'impliquer dans la lutte contre la délinquance "24h sur 24, 7 jours sur 7", ajoutant même : "je veux vous voir la nuit dehors avec les troupes, avec les gendarmes, avec les policiers, et puis régulièrement !". Ceci nous permet de comprendre que la mainmise de l'Etat est précisément l'une des principales raisons pour lesquelles les élus locaux ont du mal à s'affirmer. On a déjà traité ici le problème de la vidéosurveillance. Voyons à présent pourquoi les partenariats locaux ne fonctionnent pas bien, en partant d'un article récent de Virginie Gautron (Université de Nantes), qui retrouve des constats plus anciens, constats que nous faisons également dans des observations réalisées en 2010 sur quatre communes.